Alors que l’escalade militaire au Moyen-Orient fait craindre de nouvelles turbulences sur les marchés de l’énergie et de la finance, le gouvernement marocain assure disposer des outils nécessaires pour limiter l’impact d’un éventuel choc économique.
Intervenant sur la chaîne française BFM TV, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a affirmé que le Maroc « dispose du plan d’action qu’il faut » pour faire face à une conjoncture internationale incertaine, tout en reconnaissant que l’économie nationale reste exposée aux effets indirects d’une crise régionale.
Des marchés nerveux face au contexte géopolitique
La tension géopolitique s’est déjà reflétée sur les marchés financiers. À la Bourse de Casablanca, l’indice MASI a effacé en quelques séances une partie des gains accumulés ces derniers mois, dans un contexte d’inquiétude des investisseurs face à l’évolution du conflit et à ses conséquences économiques.
Cette nervosité s’explique notamment par la dépendance énergétique du Maroc, qui importe l’essentiel de ses hydrocarbures. Dans la loi de finances, le baril de pétrole avait été budgété autour de 65 dollars, alors qu’il évolue déjà à un niveau nettement supérieur sur les marchés internationaux.
Des « amortisseurs » économiques mis en avant
Malgré ces risques, la ministre estime que le Royaume dispose aujourd’hui de plusieurs leviers pour amortir un choc externe. Elle cite notamment :
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des réserves de change solides,
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une diversification progressive du mix énergétique, avec une part croissante des énergies renouvelables,
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et l’expérience acquise lors des récents épisodes inflationnistes mondiaux.
Ces mécanismes avaient déjà été mobilisés ces dernières années pour soutenir les ménages les plus vulnérables et stabiliser l’économie face aux chocs internationaux.
Une stabilité mise en avant pour attirer les investisseurs
Au-delà de la question énergétique, Rabat insiste également sur l’attractivité économique du pays dans un environnement mondial incertain. Pour Nadia Fettah, la stabilité politique et macroéconomique du Maroc constitue un avantage stratégique pour les investisseurs internationaux.
Le pays a enregistré ces dernières années une croissance proche de 5 %, tout en réduisant son déficit budgétaire et en consolidant ses équilibres macroéconomiques, une trajectoire qui renforce la confiance des partenaires financiers internationaux.
Une stratégie industrielle en toile de fond
La ministre a également mis en avant la stratégie industrielle du Royaume, fondée sur l’attraction d’investissements étrangers combinée au développement d’écosystèmes industriels locaux.
Les annonces récentes du groupe français Safran, qui prévoit d’étendre ses activités industrielles au Maroc, illustrent cette dynamique. Présent dans le Royaume depuis plus de vingt-cinq ans, le groupe aéronautique contribue à renforcer l’écosystème marocain dans ce secteur stratégique.
Aujourd’hui, certains secteurs affichent déjà des taux d’intégration élevés, dépassant 60 % dans l’automobile et plus de 40 % dans l’aéronautique, signe d’une montée en gamme progressive de l’industrie nationale.
Un positionnement dans un monde incertain
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, Rabat mise donc sur la diversification de ses partenariats économiques et la solidité de ses fondamentaux pour préserver sa trajectoire de croissance.
Pour les autorités marocaines, cette stabilité constitue un atout majeur dans un monde de plus en plus instable, où les pays capables d’offrir prévisibilité économique et sécurité politique pourraient tirer leur épingle du jeu.