La guerre au Moyen-Orient est désormais un facteur déterminant pour l’économie européenne. C’est le message qu’a délivré le vice-président de la Banque centrale européenne, Luis de Guindos, lors d’une intervention à Bruxelles.
Selon lui, l’escalade militaire impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran a considérablement accru l’incertitude économique, notamment en ce qui concerne l’évolution de l’inflation et la stabilité des marchés.
Deux scénarios pour l’économie européenne
Face à cette nouvelle donne géopolitique, la BCE travaille désormais avec plusieurs scénarios économiques.
Le scénario central envisage un conflit relativement court, dont les effets resteraient limités. Mais une prolongation de la guerre pourrait provoquer une hausse durable des prix de l’énergie et modifier les anticipations inflationnistes, un élément clé pour la politique monétaire de la zone euro.
Pour Luis de Guindos, c’est précisément ce facteur — la durée du conflit — qui déterminera l’ampleur de l’impact économique.
Une réaction des marchés encore maîtrisée
Malgré les tensions géopolitiques, la réaction des marchés financiers reste, pour l’instant, relativement contenue.
Le dollar s’est légèrement apprécié et les rendements des obligations souveraines ont connu une hausse modérée, sans mouvement de panique.
Avant l’éclatement de la crise, l’économie européenne affichait une certaine résilience, avec un chômage historiquement bas et une inflation progressivement stabilisée.
Les fragilités structurelles
Le responsable de la BCE a néanmoins rappelé que plusieurs vulnérabilités persistent dans le système financier européen.
Parmi elles figurent les valorisations élevées de certains actifs, l’optimisme jugé excessif des marchés quant aux perspectives de croissance mondiale, ainsi que les risques provenant des institutions financières non bancaires.
S’y ajoute un défi budgétaire majeur : les États européens doivent augmenter leurs dépenses — notamment dans le domaine de la défense — tout en maintenant la soutenabilité de leurs finances publiques.
Vers une dette commune pour la défense ?
Dans ce contexte, Luis de Guindos a évoqué la possibilité d’une émission de dette européenne commune pour financer les dépenses militaires, sur le modèle du fonds de relance adopté après la pandémie.
Une solution qui, selon lui, pourrait constituer une option réaliste face aux contraintes budgétaires actuelles.
Mais le défi reste immense. L’Europe doit concilier sécurité, croissance et discipline budgétaire — une équation que le vice-président de la BCE lui-même a qualifiée de véritable « quadrature du cercle ».