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Maroc : le ministre de la Santé rassure les pharmaciens sur la question de l’ouverture du capital des pharmacies

07 mars 2026 - 21:25

Rabat – Le ministre marocain de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a tenu à rassurer les syndicats de pharmaciens au sujet de la question sensible de l’ouverture du capital des pharmacies, un débat relancé récemment après un avis du Conseil de la concurrence évoquant la possibilité de libéraliser ce secteur.

Cette mise au point est intervenue lors d’une réunion tenue au siège du ministère, en présence des représentants des trois principales centrales syndicales représentant les pharmaciens d’officine au Maroc, qui avaient demandé cette rencontre afin de clarifier la position du gouvernement.

Lors de la réunion, les syndicats pharmaceutiques ont exprimé leur rejet catégorique de cette proposition, estimant que l’avis du Conseil de la concurrence repose sur une approche qu’ils jugent « unilatérale et excluante », fondée selon eux sur des données partielles pour ouvrir un débat touchant à l’un des piliers du système national de santé.

La pharmacie, « un service de santé essentiel »

En réponse, le ministre de la Santé a adopté un ton ferme et rassurant. Il a affirmé clairement que la libéralisation du capital des pharmacies ne fait pas partie des orientations actuelles du ministère ni du gouvernement.

Selon Amine Tahraoui, la pharmacie d’officine doit être considérée avant tout comme un service de santé essentiel, jouant un rôle central dans la garantie de la sécurité médicamenteuse et dans l’accès des citoyens aux traitements.

Le ministre a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à respecter les conclusions de l’accord conclu le 6 avril 2025 avec les organisations syndicales, soulignant que la réforme du secteur pharmaceutique se poursuivra dans un cadre de dialogue et de concertation avec les professionnels.

Réformes en cours dans le secteur pharmaceutique

La réunion a également permis de faire le point sur plusieurs dossiers structurants du secteur. Parmi les sujets abordés figurent notamment la révision du dahir de 1922 régissant la profession, la question des médicaments vétérinaires, le projet de loi sur les compléments alimentaires, ainsi que le développement des médicaments génériques et la mise à jour de la liste des excipients à effets connus.

Le chantier de la carte sanitaire et de l’organisation territoriale du secteur pharmaceutique a également été évoqué. Selon les participants, plusieurs de ces dossiers ont enregistré des avancées significatives et se trouvent désormais à un stade avancé du processus législatif.

Suspension des grèves

À l’issue de la réunion, les deux parties ont convenu de poursuivre le dialogue lors d’une prochaine rencontre. De leur côté, les trois centrales syndicales ont annoncé la suspension des mouvements de grève initialement programmés, tout en affirmant rester vigilantes face à toute initiative susceptible de remettre en cause l’indépendance des pharmacies ou les intérêts des professionnels du secteur.

Le dossier de l’ouverture du capital des pharmacies reste ainsi un sujet sensible, révélateur des tensions entre logique de régulation du marché et impératifs de santé publique au Maroc.

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