Cho Jung-tai, Premier ministre de Taiwan
Pékin. La Chine a vivement critiqué lundi le gouvernement de Taïwan ainsi que le Japon après la présence du Premier ministre taïwanais Cho Jung-tai à Tokyo ce week-end, où il a assisté à un match de baseball entre Taïwan et la République tchèque.
Lors d’une conférence de presse, la porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises du Conseil d’État chinois, Zhu Fenglian, a accusé le Parti démocrate progressiste (PDP), au pouvoir à Taïwan, de multiplier les « provocations visant à promouvoir l’indépendance » de l’île.
Selon Pékin, ces initiatives s’appuieraient sur des « forces extérieures » et contribueraient à déstabiliser la situation dans le détroit de Taïwan.
Une visite jugée « provocatrice »
D’après les informations relayées par des médias taïwanais, Cho Jung-tai a été aperçu au Tokyo Dome aux côtés du représentant de Taïwan au Japon, Lee Yi-yang, et du ministre taïwanais des Sports, Lee Yang.
Le gouvernement taïwanais n’a toutefois pas officiellement confirmé ce déplacement, présenté comme un voyage privé.
Pour Pékin, ce type de visite constitue néanmoins un signal politique préoccupant. La porte-parole chinoise a dénoncé des déplacements « soi-disant privés » qu’elle a qualifiés de « méprisables », estimant que l’autorisation donnée par Tokyo à des responsables du PDP d’entrer sur le territoire japonais viole le principe d’une seule Chine.
« Le Japon devrait réfléchir à son histoire, tirer les leçons du passé et cesser d’envoyer des signaux erronés aux forces séparatistes », a déclaré Zhu Fenglian.
Tokyo minimise l’incident
Le gouvernement japonais a pour sa part évité toute polémique. Son porte-parole, Minoru Kihara, a indiqué que Tokyo considérait ce déplacement comme strictement privé et qu’aucun contact n’avait eu lieu avec des responsables gouvernementaux japonais.
Selon les médias, il s’agirait de la première visite connue d’un chef de gouvernement taïwanais au Japon depuis que Tokyo a rompu ses relations diplomatiques officielles avec Taipei en 1972, lors de la reconnaissance de la République populaire de Chine.
Des relations déjà tendues
Cet épisode intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre Pékin et Tokyo.
Fin 2025, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi avait déclaré que les Forces d’autodéfense japonaises pourraient intervenir en cas de conflit dans le détroit de Taïwan, provoquant une vive réaction de la Chine, qui avait dénoncé une ingérence dans ses affaires internes.
Pékin considère Taïwan comme une province chinoise destinée à être réunifiée avec le continent et n’exclut pas le recours à la force pour atteindre cet objectif.