Strasbourg – Le président du Parti populaire européen (PPE), principal groupe politique au Parlement européen, Manfred Weber, a accusé mardi le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, d’utiliser politiquement la position de l’Espagne face aux tensions au Moyen-Orient.
Lors d’une conférence de presse à Strasbourg, Weber a estimé que le dirigeant espagnol chercherait à tirer profit du débat international autour du conflit impliquant l’Iran, soutenu par Israël et les États-Unis, afin de renforcer son profil politique sur la scène européenne.
Défense de la place de l’Espagne dans le marché européen
Le responsable du PPE a toutefois affirmé qu’il continuerait à défendre le rôle de l’Espagne au sein du marché unique européen. Selon lui, les relations commerciales avec les États-Unis relèvent d’une compétence collective de l’Union européenne et de ses vingt-sept États membres.
Ces déclarations interviennent après que le président américain, Donald Trump, a évoqué la possibilité de mesures commerciales contre l’Espagne en raison de sa position dans ce dossier international.
« Nous le faisons pour les travailleurs espagnols et pour l’industrie espagnole, pas pour le gouvernement de Sánchez, qui utilise manifestement ce débat international pour renforcer son profil politique », a déclaré Weber.
Allusion au débat sur les dépenses de défense
Le dirigeant européen a également établi un parallèle avec la position adoptée par Madrid lors de la dernière discussion sur l’augmentation des dépenses militaires au sein de l’OTAN.
Il a rappelé que le gouvernement espagnol s’était opposé l’été dernier à l’objectif d’un niveau de dépenses de défense équivalent à 5 % du PIB, défendu par plusieurs alliés.
Selon Weber, cette attitude ne contribue pas à construire un consensus européen plus large, mais alimente au contraire des débats politiques au sein de l’Union.