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L’Iran affirme que son principal terminal pétrolier reste intact après la frappe américaine

14 mars 2026 - 12:55

Les autorités iraniennes ont affirmé samedi que les installations pétrolières de l’île de Kharg, principal terminal d’exportation de brut du pays, sont restées « intactes » après le bombardement américain mené la veille contre des objectifs militaires situés sur ce site stratégique du Golfe.

Selon Ehsan Yahanian, vice-gouverneur politique de la province de Bushehr, le processus d’exportation du pétrole depuis l’île se poursuit « sans interruption » et les entreprises opérant sur place continuent leurs activités normalement.

Des responsables iraniens cités par l’agence Mehr ont toutefois reconnu que certaines infrastructures militaires ainsi que l’aéroport de l’île ont subi des dégâts.

Le cœur énergétique de l’Iran

Située à une trentaine de kilomètres des côtes iraniennes, l’île de Kharg constitue le principal hub pétrolier de la République islamique. Entre 85 % et 90 % des exportations de brut iranien transitent par ce terminal avant d’être chargées sur des pétroliers à destination des marchés internationaux.

Cette petite île du nord du Golfe Persique dispose d’une capacité de chargement pouvant atteindre 7 millions de barils par jour et peut accueillir plusieurs superpétroliers simultanément.

Elle constitue ainsi une pièce centrale du système énergétique iranien et un point névralgique pour l’économie du pays.

Une frappe ciblant des installations militaires

Le président américain Donald Trump a affirmé que l’armée américaine avait mené l’un des bombardements « les plus puissants » de l’histoire récente du Moyen-Orient contre des cibles militaires situées sur l’île.

Selon Washington, l’opération visait principalement les systèmes de défense aérienne et certaines installations militaires, tandis que les infrastructures pétrolières ont été volontairement épargnées.

Le président américain a toutefois prévenu que cette retenue pourrait être remise en cause si l’Iran continuait à perturber la navigation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.

Risque d’escalade régionale

En réaction aux frappes, l’armée iranienne a menacé de détruire toute infrastructure pétrolière ou énergétique liée aux États-Unis au Moyen-Orient si ses propres installations étaient visées.

Les analystes estiment qu’une attaque directe contre Kharg aurait des conséquences immédiates sur les marchés énergétiques. L’île dispose d’une capacité de stockage d’environ 30 millions de barils, dont près de 18 millions actuellement stockés, soit plusieurs jours d’exportations.

Toute interruption prolongée pourrait retirer du marché plus d’un million de barils par jour et provoquer une forte hausse des prix du pétrole.

Une petite île au poids géopolitique majeur

Malgré sa taille modeste, Kharg est souvent décrite comme la « clé de voûte » de l’économie pétrolière iranienne. Depuis des décennies, l’île concentre l’essentiel des exportations de brut du pays et constitue l’une de ses principales sources de revenus.

Pour de nombreux experts, elle représente à la fois l’atout stratégique majeur de l’Iran et son point le plus vulnérable dans le contexte de l’escalade militaire actuelle.

Pour l’heure, Téhéran assure que la production et les exportations de pétrole se poursuivent normalement.

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