Les marchés énergétiques européens connaissent une nouvelle phase de tension après une hausse notable des prix du gaz naturel, alimentée à la fois par l’escalade militaire au Moyen-Orient et par les prévisions météorologiques annonçant un retour du froid sur une partie du continent.
Sur la principale plateforme de référence du marché européen, l’indice Title Transfer Facility (TTF) aux Pays-Bas, les contrats à terme ont brièvement frôlé les 70 euros par mégawattheure, avant de se replier légèrement. Quelques semaines auparavant, les prix évoluaient encore autour de 30 euros/MWh, avant la montée des tensions géopolitiques dans la région du Golfe.
Les tensions géopolitiques ravivent la volatilité
La hausse des prix reflète la sensibilité persistante du marché énergétique européen aux crises internationales. L’intensification des tensions au Moyen-Orient ravive notamment les inquiétudes concernant la sécurité des flux énergétiques mondiaux, en particulier dans le stratégique Détroit d’Ormuz.
Ce passage maritime assure le transit d’environ 20 % du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, ce qui en fait l’un des points névralgiques du système énergétique international.
L’Europe toujours dépendante du GNL
Depuis la rupture progressive avec les approvisionnements russes, l’Europe s’est tournée massivement vers le gaz naturel liquéfié (GNL) importé principalement des États-Unis, du Qatar ou d’Afrique. Dans ce contexte, toute perturbation géopolitique susceptible d’affecter les routes maritimes ou la production mondiale provoque immédiatement une tension sur les prix.
La hausse actuelle s’explique aussi par une concurrence accrue avec les marchés asiatiques pour les cargaisons de GNL disponibles, les acheteurs européens étant prêts à payer une prime pour sécuriser leurs approvisionnements.
Le facteur météorologique
Les prévisions annonçant une nouvelle vague de froid dans plusieurs régions d’Europe du Nord et d’Europe centrale renforcent également la pression sur les marchés. Une baisse des températures entraîne généralement une hausse de la consommation de gaz, notamment pour le chauffage et la production d’électricité.
Une stabilité relative mais fragile
Malgré ces tensions, la situation énergétique européenne reste plus stable que durant la crise de 2022. Les réserves de gaz stockées dans les infrastructures européennes demeurent relativement élevées à l’issue de l’hiver.
Cependant, les analystes préviennent que les prix pourraient repartir à la hausse si les tensions militaires au Moyen-Orient se prolongent ou si des perturbations logistiques affectent les principales routes du commerce énergétique mondial.