Une nouvelle hausse des prix des carburants, entrée en vigueur dans la nuit de dimanche à lundi, a suscité une vive colère au Maroc. L’augmentation, qui avoisine les 20 %, touche aussi bien le gasoil que l’essence et relance les appels à un soutien public en faveur des professionnels du transport.
Les sociétés de distribution ont relevé le prix du gasoil de deux dirhams par litre, le portant à près de 13 dirhams dans la plupart des stations-service. L’essence a, de son côté, augmenté de 1,44 dirham par litre pour frôler les 14 dirhams.
Anticipant cette hausse, de nombreuses stations-service ont connu dans la soirée de dimanche une affluence inhabituelle. De nombreux automobilistes se sont précipités pour faire le plein avant l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs, certains se disant surpris de voir l’augmentation appliquée dans certaines stations avant même minuit.
La mesure a suscité une forte réaction parmi les conducteurs, notamment les chauffeurs de camions et de taxis, qui dénoncent un renchérissement brutal des coûts de transport dans un contexte économique déjà difficile.
Les distributeurs justifient cette augmentation par la hausse des cours du pétrole sur les marchés internationaux, liée aux tensions et au conflit en cours au Moyen-Orient.
Face à cette situation, plusieurs professionnels du transport appellent les autorités à instaurer un soutien exceptionnel, similaire à celui mis en place ces dernières années lorsque la flambée des prix de l’énergie, provoquée par la guerre russo-ukrainienne, avait fortement affecté le secteur.
Selon des acteurs du transport, cette hausse risque d’avoir des répercussions directes sur les coûts de transport et de services, avec un possible effet domino sur les prix de plusieurs biens et prestations essentiels. Des chauffeurs professionnels redoutent déjà une réduction de leurs marges, dans un contexte marqué par l’augmentation continue des charges d’exploitation et les pressions sur le pouvoir d’achat.
Dans de précédents rapports, le Conseil de la concurrence avait déjà souligné que le marché marocain de la distribution des carburants se caractérise par des marges relativement élevées chez les distributeurs, appelant à davantage de transparence dans la formation des prix et à un renforcement du contrôle des mécanismes de concurrence.