Les alliés de l’OTAN ont rejeté lundi la proposition du président américain, Donald Trump, visant à mobiliser l’alliance militaire pour rouvrir le stratégique Détroit d’Ormuz, actuellement bloqué dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
Le trafic maritime dans ce passage crucial pour le commerce mondial du pétrole et du gaz a été paralysé après que l’Iran a fermé la voie en représailles aux bombardements lancés le 28 février par les États-Unis et Israël contre son territoire.
L’Europe refuse une implication militaire directe
Plusieurs capitales européennes ont rapidement pris leurs distances avec la proposition américaine. Le porte-parole du gouvernement allemand, Stefan Kornelius, a affirmé que la guerre impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran «n’a rien à voir avec l’OTAN».
«L’OTAN est une alliance de défense territoriale et, dans la situation actuelle, il n’existe aucun mandat pour déployer l’alliance», a-t-il déclaré.
Cette position reflète les réticences de nombreux pays européens qui redoutent qu’une intervention militaire dans le détroit n’aggrave encore les tensions régionales.
L’Union européenne cherche une alternative
Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont réunis à Bruxelles pour examiner d’éventuelles solutions permettant de garantir la liberté de navigation dans la région.
Une option envisagée consistait à élargir le mandat de la mission navale européenne Aspides, actuellement déployée en mer Rouge.
Mais la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a reconnu qu’«il n’existe pour l’instant aucune volonté de modifier le mandat» de cette opération.
Washington pousse à une coalition internationale
Dans une interview accordée au Financial Times, Donald Trump avait averti que l’OTAN pourrait connaître «un avenir très sombre» si ses alliés refusaient de contribuer à sécuriser le détroit.
Le président américain a évoqué la création d’une coalition internationale pour protéger le passage des pétroliers, citant même la possibilité d’une participation de la Chine.
Mais plusieurs partenaires ont déjà décliné l’idée : l’Australie et le Japon ont notamment exclu toute participation à une mission navale dans la zone.
Londres évoque un plan sans l’OTAN
De son côté, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a déclaré travailler avec ses alliés sur «un plan collectif viable» pour rouvrir le détroit et limiter les conséquences économiques de la crise.
Il a toutefois précisé que cette initiative «n’est pas et n’a jamais été envisagée comme une mission de l’OTAN».
L’Espagne, la Pologne, la Grèce et la Suède ont également exprimé leurs réserves face à une implication militaire dans la région, confirmant le scepticisme européen face à la proposition de Washington.