Les syndicats du transport routier de marchandises au Maroc tirent la sonnette d’alarme face à la forte hausse des prix des carburants, qu’ils qualifient d’« augmentation fulgurante et sans précédent ». Selon la Coordination des syndicats nationaux du secteur, le prix du diesel aurait augmenté d’environ deux dirhams par litre, une évolution jugée insoutenable pour les professionnels du transport.
Dans un communiqué, cette coordination – qui regroupe des syndicats affiliés à quatre centrales syndicales – affirme suivre avec « une grande inquiétude » la rapidité de la hausse. Les organisations professionnelles dénoncent notamment le fait que certaines stations-service auraient appliqué l’augmentation plusieurs heures avant minuit, estimant que cette situation reflète un manque de contrôle des autorités publiques pour protéger les consommateurs, et en particulier les transporteurs routiers.
Les syndicats avertissent que cette hausse risque d’aggraver les difficultés structurelles du secteur, malgré son rôle central dans l’économie nationale. Selon eux, l’absence d’une politique publique claire pour la structuration du transport routier de marchandises fragilise davantage une activité qui constitue pourtant un maillon essentiel de la chaîne logistique et de l’approvisionnement du marché national.
Au-delà des professionnels du transport, les syndicats estiment que l’augmentation du coût du diesel aura un effet direct sur les prix des biens de consommation, ce qui pourrait accentuer la pression sur le pouvoir d’achat des ménages. Ils mettent en garde contre un possible risque de spirale inflationniste si aucune mesure urgente n’est prise pour atténuer l’impact de cette hausse sur l’économie nationale.
Face à cette situation, la coordination syndicale appelle le gouvernement à annoncer une nouvelle tranche de soutien financier destinée aux professionnels du secteur. Elle demande également l’instauration rapide du système de « gasoil professionnel », un mécanisme qui permettrait de compenser les fluctuations des prix des carburants pour les transporteurs.
Les syndicats interpellent par ailleurs le Conseil de la concurrence, l’invitant à prendre des mesures dissuasives contre les pratiques jugées contraires aux règles d’une concurrence loyale dans le secteur de la distribution des carburants. Cette demande intervient dans un contexte où plusieurs rapports ont déjà évoqué des soupçons de pratiques anticoncurrentielles entre certains acteurs du marché.
Enfin, la coordination appelle les autorités à adopter une stratégie énergétique plus structurée afin de réduire la vulnérabilité du pays face aux fluctuations internationales des prix du pétrole. Parmi les mesures proposées figurent la constitution d’un stock stratégique de produits pétroliers et la relance de la raffinerie Samir, à l’arrêt depuis plusieurs années, afin de renforcer la sécurité énergétique du Maroc et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations.