Israël a annoncé mardi avoir « éliminé » Ali Larijani, personnalité majeure du régime iranien et actuel secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Selon les autorités israéliennes, Gholamreza Soleimani, commandant de la milice des Basij liée aux Gardiens de la Révolution, aurait également été tué lors de la même opération. L’Iran n’a pour l’instant pas confirmé officiellement ces informations.
Si elle est confirmée, la disparition de Larijani constituerait l’un des coups les plus sévères portés à l’appareil politique iranien depuis le début de la guerre régionale déclenchée après les bombardements israélo-américains du 28 février, qui avaient coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei.
Dans un message vidéo, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé avoir été informé par le chef d’état-major que Larijani et le général Soleimani avaient été « éliminés dans la nuit ». Il a ajouté, dans un ton particulièrement virulent, que les deux responsables avaient « rejoint Khamenei dans les profondeurs de l’enfer ».
Un pilier de la République islamique
Ali Larijani comptait parmi les figures les plus influentes du système politique iranien depuis plusieurs décennies. Mathématicien et philosophe de formation, vétéran de la guerre Iran-Irak, il a occupé de nombreuses fonctions stratégiques au sein de l’État iranien.
Au cours de sa carrière, il a notamment été :
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ministre de la Culture
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directeur de la radiotélévision d’État
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négociateur en chef du programme nucléaire
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président du Parlement
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candidat à l’élection présidentielle
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secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale
Ces dernières semaines, Larijani était apparu publiquement lors d’une manifestation pro-gouvernementale à Téhéran, affichant une posture de défi face à Israël et aux États-Unis.
Incertitudes au sommet du pouvoir iranien
Cette annonce intervient dans un contexte de forte instabilité au sommet du régime iranien. Après la mort d’Ali Khamenei, son fils Mojtaba Khamenei, pressenti pour lui succéder, n’a plus été vu publiquement.
Le président américain Donald Trump a alimenté les spéculations en déclarant qu’il n’était pas certain que ce dernier soit encore en vie, évoquant la possibilité qu’il ait été grièvement blessé lors de l’attaque qui a tué son père.
Washington avait récemment sanctionné Larijani, l’accusant d’être impliqué dans la répression des manifestations qui ont secoué l’Iran ces derniers mois.
Une guerre régionale aux conséquences énergétiques
Sur le terrain, les hostilités continuent de s’intensifier. Des journalistes de l’AFP ont rapporté plusieurs explosions à Téhéran après une nuit de bombardements attribués à l’armée israélienne, qui affirme avoir visé des infrastructures du « régime iranien ».
En réponse aux frappes israélo-américaines, l’Iran a mené des attaques contre des intérêts américains et contre des infrastructures énergétiques dans plusieurs pays voisins.
La situation est particulièrement préoccupante dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. Les menaces visant les pétroliers ont perturbé le trafic maritime et provoqué une hausse des prix du brut.
Face à cette situation, Donald Trump a appelé à la formation d’une coalition navale internationale chargée d’escorter les pétroliers. Pour l’heure, l’OTAN et plusieurs alliés des États-Unis, dont le Japon et la Corée du Sud, se montrent toutefois réticents à s’impliquer directement.
Une escalade régionale
Le conflit s’est progressivement étendu à plusieurs fronts. L’Iran a mené des attaques contre le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Koweït et Oman, tandis que le mouvement libanais Hezbollah a ouvert un nouveau front contre Israël.
En Irak, une attaque de drones et de roquettes a visé l’ambassade américaine à Bagdad, tandis qu’un autre bombardement a fait quatre morts dans une maison soupçonnée d’abriter des conseillers iraniens.
Avec la multiplication des fronts – du Liban à l’Irak – et les tensions autour du détroit d’Ormuz, le conflit entre Israël et l’Iran prend désormais une dimension régionale susceptible de bouleverser les équilibres stratégiques du Moyen-Orient.