Anita Anand, la ministre des Affaires Extérieurs canadien
Alors que les tensions internationales s’intensifient autour de la guerre opposant les États-Unis, Israël et l’Iran, le Canada a tenu à clarifier sa position. Le gouvernement canadien a affirmé mardi que Washington n’a formulé aucune demande d’assistance auprès de l’OTAN, tout en soulignant qu’Ottawa n’a pas l’intention de participer à des opérations militaires offensives.
La déclaration a été faite par la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, lors d’une conférence de presse virtuelle consacrée aux répercussions internationales du conflit et aux discussions sur une éventuelle implication de l’Alliance atlantique.
« Aucune demande n’a été formulée et aucune assistance n’a été sollicitée », a déclaré la cheffe de la diplomatie canadienne, en réponse aux spéculations suscitées par les appels du président américain Donald Trump demandant aux alliés de contribuer à la sécurisation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Anand a également précisé qu’aucune consultation formelle n’a eu lieu entre les membres de l’OTAN concernant l’activation éventuelle des mécanismes de défense collective.
Ottawa refuse toute participation militaire
La position canadienne traduit une volonté claire de ne pas s’impliquer directement dans la campagne militaire menée contre l’Iran.
La ministre a confirmé que le Canada n’avait pas été consulté avant les frappes menées par les États-Unis et Israël contre des cibles iraniennes et a rappelé que son pays n’a pris part à aucune opération militaire.
« Le Canada n’a pas participé à cette opération et n’a pas l’intention de s’engager dans l’action militaire offensive qui se poursuit actuellement », a-t-elle déclaré.
Le gouvernement canadien affirme privilégier une approche diplomatique visant la désescalade et la recherche d’une solution permettant de protéger les civils et les infrastructures.
Le détroit d’Ormuz au cœur des préoccupations
Ottawa insiste particulièrement sur la question de la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, une voie stratégique par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial.
En réaction aux bombardements américains et israéliens, l’Iran a menacé d’entraver la circulation des pétroliers dans cette zone, suscitant une forte inquiétude sur les marchés énergétiques internationaux.
Pour la ministre canadienne, un blocage de ce passage maritime constituerait une violation du droit international, notamment de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
« Les navires de tous les pays ont le droit de transiter par le détroit d’Ormuz et il ne doit pas y avoir de militarisation des routes maritimes internationales », a souligné Anand.
Des réserves au sein du camp occidental
La prise de position d’Ottawa met en lumière les prudences et les divergences qui existent parmi les alliés occidentaux face à une éventuelle internationalisation du conflit.
Si le Canada réaffirme son attachement aux principes de défense collective de l’OTAN, le message envoyé par Ottawa traduit la volonté d’éviter une implication directe dans une guerre susceptible de déstabiliser davantage le Moyen-Orient et de menacer l’équilibre énergétique mondial.
À ce stade, l’Alliance atlantique n’a annoncé aucune discussion formelle sur une participation au conflit, tandis que la communauté internationale cherche encore à contenir une crise dont les répercussions pourraient dépasser largement la région.