Rabat. Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 2,25 %, à l’issue de la première réunion trimestrielle de son Conseil en 2026. L’institution monétaire marocaine a toutefois averti que la guerre au Moyen-Orient ne sera pas sans conséquences pour l’économie mondiale et nationale, notamment à travers les marchés de l’énergie et les équilibres extérieurs.
Dans son communiqué publié mardi, le Conseil de la banque centrale souligne que ce conflit « ne sera pas sans répercussions, en particulier à travers les canaux des comptes extérieurs et surtout les prix de l’énergie ».
Selon les premières évaluations de Bank Al-Maghrib, l’impact sur l’économie marocaine devrait rester relativement limité dans l’hypothèse d’un conflit de courte durée. En revanche, l’effet pourrait être plus significatif si la guerre devait se prolonger ou s’intensifier.
Des incertitudes liées aux marchés énergétiques
La banque centrale estime que l’ampleur des répercussions dépendra en grande partie de la durée, de l’intensité et de l’extension du conflit, dont les effets commencent déjà à se faire sentir sur les marchés financiers internationaux.
Les prix des matières premières, en particulier les produits énergétiques, constituent l’un des principaux canaux de transmission de cette instabilité géopolitique vers les économies importatrices d’énergie, comme le Maroc.
Une décision dictée par la stabilité économique
Dans ce contexte international incertain, le Conseil de Bank Al-Maghrib a jugé approprié de maintenir le taux directeur à son niveau actuel, en tenant compte de plusieurs facteurs :
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la poursuite de la dynamique de l’activité économique nationale,
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des perspectives d’inflation jugées modérées,
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un niveau élevé d’incertitude à l’échelle internationale,
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ainsi que les résultats des tests de résistance réalisés sur l’économie marocaine.
La banque centrale a également indiqué qu’elle continuera de suivre de près l’évolution de la conjoncture nationale et internationale, en particulier les développements au Moyen-Orient et leurs implications économiques.
Une inflation attendue à des niveaux modérés
Concernant l’inflation, Bank Al-Maghrib observe qu’elle s’est maintenue à un niveau relativement faible, grâce notamment à l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires et à la baisse récente des prix des carburants.
À moyen terme, toutefois, cette tendance pourrait évoluer avec la hausse attendue des prix du pétrole dans le scénario central.
Selon les projections de l’institution, l’inflation devrait rester globalement modérée :
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environ 0,8 % en 2026,
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puis 1,4 % en 2027.
Ces prévisions traduisent, selon la banque centrale, un équilibre fragile entre la reprise de l’activité économique et les incertitudes liées au contexte géopolitique international.