Le président de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Fall, a affirmé que son pays se conformera strictement aux règles en vigueur concernant la restitution du trophée de la Coupe d’Afrique des nations au Maroc, tout en maintenant son recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Interrogé sur une éventuelle remise immédiate du trophée dans l’attente de la décision du TAS, Fall a insisté sur le respect du cadre réglementaire : « Toutes nos décisions s’inscriront dans le respect total des textes et des règlements de la Confédération africaine de football », a-t-il déclaré.
Une décision contestée mais encadrée
La crise trouve son origine dans la décision de la CAF de retirer le titre au Sénégal pour l’attribuer au Maroc, après avoir considéré que l’équipe sénégalaise s’était retirée de la finale, malgré sa victoire initiale sur le terrain.
La Commission d’appel de l’instance continentale a ainsi homologué un score de 3-0 en faveur du Maroc, une décision qui a immédiatement suscité une vive contestation à Dakar.
Rabat invoque la primauté du règlement
Du côté marocain, la Fédération royale marocaine de football a salué une décision qu’elle juge conforme aux règles, estimant qu’elle garantit « le respect des normes régissant les compétitions » et « la stabilité nécessaire au bon déroulement des tournois internationaux ».
Dans un communiqué officiel, l’instance marocaine a souligné que sa démarche ne visait pas à remettre en cause la valeur sportive des équipes, mais à faire respecter les règlements de manière équitable.
Dakar saisit le TAS et évoque des irrégularités
Le Sénégal, de son côté, rejette fermement la décision et a annoncé son intention de saisir rapidement le TAS, qualifiant le verdict d’« injuste ». Les autorités sénégalaises ont également appelé à l’ouverture d’une enquête internationale sur de possibles soupçons de corruption au sein de la CAF.
Cette double démarche — respect formel des procédures et contestation juridique — traduit une stratégie visant à préserver la position institutionnelle du pays tout en contestant le fond de la décision.
Une finale sous haute tension
À l’origine du litige, un incident survenu dans les dernières minutes de la finale disputée à Rabat. L’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala avait accordé un penalty au Maroc, déclenchant une vive protestation du camp sénégalais, allant jusqu’à une sortie temporaire du terrain.
Bien que le match ait repris et se soit conclu par une victoire du Sénégal, cet épisode a été requalifié par la CAF comme une infraction réglementaire, ouvrant la voie à l’annulation du résultat.
Une affaire aux enjeux institutionnels
Au-delà de la question du trophée, cette affaire soulève des interrogations sur la gouvernance du football africain et la gestion des crises au sein des compétitions internationales.
La décision du TAS sera déterminante, non seulement pour trancher ce litige, mais aussi pour fixer un précédent dans la manière dont les conflits sportifs sont arbitrés à l’échelle continentale.