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La CELAC et l’Afrique veulent relancer commerce et investissements lors d’un forum à Bogotá

20 mars 2026 - 18:12

La Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) et des représentants de 19 pays africains se réunissent ce vendredi à Bogotá dans le cadre d’un forum de haut niveau consacré à l’état des échanges commerciaux et des investissements entre les deux régions, dans un contexte de recomposition des équilibres économiques mondiaux.

Organisée à l’Ágora Centro de Convenciones, la rencontre rassemble responsables politiques, institutions multilatérales et acteurs économiques autour d’un objectif commun: renforcer les liens entre l’Amérique latine et l’Afrique, deux espaces aux trajectoires différentes mais confrontés à des défis structurels similaires.

Un potentiel commercial encore sous-exploité

Malgré leur poids démographique et leurs ressources, les échanges entre les deux régions restent limités. Le commerce bilatéral représente une part marginale de leurs échanges globaux, ce qui souligne l’ampleur des marges de progression.

Plusieurs secteurs concentrent l’attention des participants: l’énergie, l’agriculture, les infrastructures et les ressources minières. La complémentarité apparaît évidente: l’Afrique dispose de ressources stratégiques et d’un marché en expansion, tandis que l’Amérique latine offre des capacités productives, une expertise agricole et une insertion plus consolidée dans les circuits commerciaux internationaux.

L’investissement au cœur des discussions

Au-delà du commerce, la question de l’investissement direct constitue l’un des principaux axes du forum. Les flux financiers entre les deux régions demeurent faibles et concentrés, freinés par des obstacles structurels: insuffisance des infrastructures logistiques, fragmentation réglementaire et faible connaissance réciproque des marchés.

Les discussions portent ainsi sur la mise en place de mécanismes visant à faciliter ces investissements, notamment à travers des accords bilatéraux, des instruments financiers communs et des plateformes de coopération entre entreprises.

Une dimension géopolitique assumée

Le forum dépasse le cadre strictement économique. Dans un environnement international marqué par les rivalités entre grandes puissances, l’Amérique latine et l’Afrique cherchent à renforcer leur autonomie stratégique et à diversifier leurs partenariats.

La coopération Sud-Sud s’impose comme une voie privilégiée pour réduire les dépendances traditionnelles et accroître leur capacité de négociation sur la scène internationale, notamment dans les domaines de l’énergie, du commerce et du développement durable.

Des obstacles persistants

Malgré cette volonté politique, plusieurs contraintes continuent de freiner l’approfondissement des relations entre les deux régions. La faible connectivité maritime et aérienne, les divergences réglementaires et l’instabilité dans certaines zones africaines limitent la concrétisation des projets.

Le forum de Bogotá s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large: celle d’un Sud global en quête de structuration, où les ambitions de coopération restent fortes, mais où leur mise en œuvre dépendra de la capacité à dépasser les obstacles structurels.

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