La Confédération démocratique du travail (CDT) a tiré la sonnette d’alarme face à la flambée « vertigineuse » des prix des carburants au Maroc, appelant à l’ouverture d’une enquête approfondie sur le fonctionnement du marché, notamment sur la structure des prix et les marges de profit.
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son bureau exécutif, tenue le 18 mars à Casablanca, la centrale syndicale met en garde contre une dégradation rapide de la situation sociale. Selon elle, la hausse continue des prix de l’énergie alimente l’inflation, érode le pouvoir d’achat des salariés et des retraités, et accentue les inégalités ainsi que la précarité.
La CDT évoque des « déséquilibres structurels » dans le marché des hydrocarbures, pointant du doigt un déficit de régulation publique et la persistance de pratiques spéculatives. Elle accuse également des « lobbies du carburant » de réaliser des profits importants au détriment des consommateurs et des professionnels, et appelle à établir les responsabilités, tant juridiques que politiques.
Face à cette situation, le syndicat demande au gouvernement d’intervenir sans délai à travers un ensemble de mesures: allégement fiscal sur les carburants, plafonnement des marges bénéficiaires et sécurisation de l’approvisionnement du marché national. Il insiste également sur la nécessité de relancer la raffinerie Samir, considérée comme un levier stratégique pour renforcer la souveraineté énergétique du pays et limiter la dépendance aux fluctuations internationales.
Sur le plan social, la CDT dénonce le ralentissement du dialogue social, qu’elle qualifie d’« injustifié », et exige sa reprise immédiate. Elle réitère ses revendications en faveur d’une augmentation générale des salaires et des pensions, ainsi que de la mise en œuvre des engagements antérieurs, présentés comme indispensables pour contenir les tensions sociales croissantes.
Dans une perspective organisationnelle, la centrale a appelé ses structures locales et régionales à se mobiliser en convoquant des réunions préparatoires en vue de la tenue de son conseil national. Objectif affiché: définir une feuille de route et envisager d’éventuelles actions de protestation pour défendre le pouvoir d’achat et les intérêts de la classe ouvrière.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur les prix de l’énergie et une montée des inquiétudes sociales, alors que le débat sur la régulation du secteur des carburants revient au cœur de l’agenda économique et politique national.