Face aux répercussions de la guerre en Iran et à la flambée des prix internationaux de l’énergie, le gouvernement marocain a décidé de maintenir les subventions au gaz butane et à l’électricité, tout en accordant une aide exceptionnelle aux professionnels du transport afin de préserver le pouvoir d’achat et la stabilité des prix.
Le gouvernement marocain a activé, lundi à Rabat, son dispositif de veille économique pour faire face aux retombées des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de la guerre en Iran sur l’économie nationale. Réuni sous la présidence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, le premier comité ministériel chargé du suivi de cette crise a arrêté une série de mesures destinées à amortir le choc sur les ménages et les secteurs les plus exposés.
Parmi les principales décisions figure le maintien du soutien public au gaz butane, malgré la forte hausse des cours sur les marchés internationaux. L’Exécutif a confirmé que le prix de la bouteille de gaz restera inchangé, une mesure à forte portée sociale dans un contexte de tensions persistantes sur les matières premières énergétiques.
Le gouvernement a également décidé de poursuivre la subvention des tarifs de l’électricité, afin de préserver les prix actuellement appliqués et d’éviter toute répercussion immédiate sur les factures des ménages et des entreprises. Cette orientation s’inscrit dans la volonté affichée de protéger le pouvoir d’achat face aux incertitudes liées à la crise régionale.
S’agissant du secteur des transports, particulièrement affecté par la hausse des carburants, Rabat a annoncé le lancement d’une aide directe et exceptionnelle en faveur des professionnels. Cette mesure couvrira la période allant du 15 mars au 15 avril 2026 et concernera l’ensemble des catégories du secteur : transport public de voyageurs, transport rural, fret, transport touristique, taxis et autobus urbains.
Selon les données présentées lors de la réunion, plus de 87 000 demandes ont déjà été enregistrées via la plateforme électronique dédiée. L’objectif affiché est double : garantir la continuité des services de transport et éviter toute augmentation des tarifs pour les usagers. Les bénéficiaires de cette aide seront ainsi tenus de maintenir les prix actuels du transport de personnes et de marchandises.
Cette réunion a également permis aux différents départements ministériels de présenter plusieurs scénarios relatifs aux impacts possibles de la crise sur l’économie marocaine, notamment en matière d’approvisionnement énergétique, de coûts logistiques et d’inflation importée. Le gouvernement a insisté sur la nécessité d’un suivi régulier de l’évolution de la situation internationale.
Le comité ministériel, auquel a notamment pris part Abdelouafi Laftit, se réunira de manière périodique, et chaque fois que la conjoncture l’exigera, afin d’adopter rapidement les mesures nécessaires.
À travers cette réponse coordonnée, l’Exécutif cherche à contenir les effets économiques de la crise régionale et à rassurer les marchés comme les citoyens, alors que la volatilité des prix de l’énergie continue de peser sur les équilibres budgétaires et sociaux du Royaume.