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L’OMS ouvre son assemblée annuelle sur fond de crises sanitaires et d’incertitudes politiques

18 mai 2026 - 09:35

L’Organisation mondiale de la santé entame ce lundi à Genève son assemblée annuelle dans un contexte marqué par les inquiétudes liées aux foyers de hantavirus et d’Ebola, mais aussi par les tensions politiques provoquées par les annonces de retrait des États-Unis et de l’Argentine.

Les États membres de l’Organisation mondiale de la santé se réunissent dès ce lundi à Genève pour une assemblée générale particulièrement sensible, dans un climat mêlant alertes sanitaires, tensions diplomatiques et fragilité financière.

Même si le foyer de hantavirus apparu à bord du navire MV Hondius n’est pas officiellement inscrit à l’ordre du jour, plusieurs diplomates estiment que la question devrait largement alimenter les discussions en marge de la réunion.

La résurgence d’un nouveau foyer d’Ebola en République démocratique du Congo contribue également à renforcer les inquiétudes autour de la capacité du système sanitaire international à répondre rapidement aux crises émergentes.

Pour plusieurs observateurs, ces épisodes illustrent surtout la nécessité de maintenir une institution multilatérale solide au moment où les États-Unis et l’Argentine ont annoncé leur volonté de quitter l’organisation.

Une organisation sous pression financière

L’assemblée intervient après une année difficile pour l’OMS, confrontée à des réductions budgétaires importantes et à l’annonce du président américain Donald Trump de retirer son pays de l’organisation.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a toutefois affirmé récemment que l’organisation avait réussi à stabiliser partiellement sa situation et à mobiliser une grande partie des financements nécessaires pour les deux prochaines années.

Malgré cela, de nombreux experts jugent la situation encore fragile, notamment en raison du poids financier historique des États-Unis au sein de l’organisation.

Washington n’a d’ailleurs toujours pas réglé environ 260 millions de dollars de contributions dues pour les exercices 2024 et 2025.

Pandémies, divisions Nord-Sud et réforme du système mondial

Parmi les principaux dossiers figurera également le traité international sur les pandémies lancé après la crise du Covid-19.

Les négociations restent bloquées par les divergences persistantes entre pays riches et pays en développement, notamment sur les questions d’accès aux vaccins et de transfert des technologies médicales.

Les débats pourraient ainsi se prolonger bien au-delà de cette année.

L’assemblée devrait aussi être marquée par plusieurs discussions politiquement sensibles concernant Ukraine, les territoires palestiniens et Iran.

En parallèle, les premières manœuvres autour de la succession de Tedros commencent déjà à apparaître, alors que l’élection du futur directeur général est prévue pour l’année prochaine.

Plus largement, de nombreuses voix plaident désormais pour une réforme profonde de « l’architecture mondiale de la santé », souvent critiquée pour son manque de coordination et ses lourdeurs institutionnelles.

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