La guerre entre les États-Unis et l’Iran ainsi que la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz ont privé le marché mondial de 2,6 milliards de barils de pétrole depuis la fin du mois de février, a déclaré mardi le président-directeur général de Saudi Aramco, Amin Nasser, qui évoque « la plus grande crise d’approvisionnement de l’histoire ».
À l’occasion de la présentation des résultats semestriels du premier groupe pétrolier mondial, Amin Nasser a expliqué que les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz ont réduit l’offre mondiale d’environ 11 millions de barils par jour, affectant de nombreux secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’industrie automobile, les semi-conducteurs, la pétrochimie et la production manufacturière.
Le dirigeant saoudien a souligné que l’utilisation intensive de l’oléoduc Est-Ouest, reliant les champs pétrolifères de l’est du Royaume à la mer Rouge, combinée à la libération de réserves stratégiques et aux mesures de maîtrise de la demande, a permis de limiter partiellement les effets de la crise. Selon lui, la perte nette a ainsi été ramenée à environ 1,8 milliard de barils.
Malgré ces mesures, la situation demeure préoccupante. Les volumes transitant actuellement par le détroit d’Ormuz ne représenteraient plus qu’environ 10 % de ceux enregistrés avant le conflit. Chaque semaine supplémentaire de fermeture entraînerait une perte de plus de 100 millions de barils, accentuant les tensions sur les marchés énergétiques mondiaux.
Amin Nasser a également averti que même en cas d’accord politique permettant une réouverture immédiate du détroit, il faudrait jusqu’à dix-huit mois pour reconstituer les stocks mondiaux de pétrole consommés pendant la crise.
À cette situation géopolitique s’ajoute la pression qui pèse sur les capacités mondiales de raffinage. Avec des installations fonctionnant presque à pleine capacité, toute interruption majeure pourrait provoquer de nouvelles difficultés d’approvisionnement.
Ces mises en garde interviennent alors qu’Aramco affiche des résultats financiers particulièrement solides. Le groupe saoudien a enregistré un bénéfice de 65,229 milliards de dollars au premier semestre 2026, soit une progression de 34 % sur un an.
Pour Aramco, la crise d’Ormuz rappelle que la sécurité des grandes routes maritimes demeure un élément déterminant pour la stabilité des marchés énergétiques et de l’économie mondiale, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et de demande soutenue en énergie.