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Gaza : quand les enfants n’ont plus la force de pleurer

28 août 2025 - 12:06

Lors d’une réunion au Conseil de sécurité, la directrice de Save the Children, Inger Ashing, a décrit l’indicible : des enfants gazaouis trop faibles pour émettre un cri, prisonniers d’une faim qui consume leurs corps et leurs vies.

Le mot « famine » n’est pas ici une métaphore. L’ONU l’a déclaré officiellement à Gaza la semaine dernière, après avoir estimé que près d’un demi-million de personnes se trouvent dans une situation « catastrophique ». Ce constat, présenté par Save the Children, place la communauté internationale face à un devoir de vérité et de responsabilité.

Ashing a détaillé ce processus qui transforme la survie en agonie : d’abord, le corps consomme sa graisse, puis ses muscles, enfin ses organes vitaux. Ce chemin vers la mort se déroule en silence. « Dans nos cliniques, les enfants ne pleurent plus. Ils sont allongés, émaciés, littéralement en train de se consumer sous nos yeux », a-t-elle témoigné.

Ce tableau d’horreur ne relève pas de l’inéluctable. Il est la conséquence directe des restrictions imposées à l’aide humanitaire. Israël, en réponse à l’attaque du Hamas en octobre 2023, a réduit drastiquement, parfois interrompu totalement, l’entrée de nourriture et de médicaments. Les ONG alertent depuis des mois, dénonçant un engrenage où la stratégie militaire prend en otage la survie des plus vulnérables.

L’urgence ne se mesure plus seulement en chiffres ou en rapports techniques, mais dans les corps brisés d’enfants qui devraient jouer, rire, apprendre, et qui, aujourd’hui, ne trouvent plus la force de respirer.

Ce que révèle cette scène glaçante est double : d’une part, l’échec collectif de la diplomatie internationale, incapable d’imposer un corridor humanitaire pérenne ; d’autre part, la nécessité de considérer Gaza non comme une abstraction géopolitique, mais comme un espace habité par vies réelles, fragiles, dont la souffrance met à l’épreuve l’éthique universelle.

Le Maroc, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI en sa qualité de président du Comité Al-Qods, a rappelé à plusieurs reprises que la seule réponse digne face à cette tragédie réside dans un soutien humanitaire concret et immédiat. Son action diplomatique et les convois de secours envoyés vers Gaza s’inscrivent dans une vision qui place la protection des civils, en particulier des enfants, au cœur des responsabilités partagées de la communauté internationale.

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