Emmanuel Macron a décidé de suspendre l’accord bilatéral de 2013 qui permettait aux détenteurs de passeports diplomatiques algériens de se rendre en France sans visa. Ce geste symbolique intervient sur fond de tensions politiques croissantes et de préoccupations concernant les libertés individuelles en Algérie.
La tension monte entre Paris et Alger. Dans une lettre adressée mercredi à son Premier ministre, François Bayrou, le président Emmanuel Macron a ordonné la suspension immédiate de l’accord de 2013 qui exemptait les responsables et diplomates algériens de visa d’entrée en France. Cette décision intervient dans un contexte délicat, marqué par l’incarcération du romancier Boualem Sansal et du journaliste Christophe Galez en Algérie, deux figures devenues symboles des entraves aux libertés d’expression dans le pays.
« Il est temps d’agir avec plus de fermeté et de clarté », a écrit Macron dans cette correspondance confidentielle consultée par Le Figaro. Selon le président, le traitement réservé à ces deux intellectuels français ou proches de la France exige une réévaluation urgente de la politique migratoire et diplomatique vis-à-vis d’Alger. Il appelle son gouvernement à prendre des « décisions supplémentaires » afin de défendre les principes démocratiques et les droits fondamentaux.
La mesure phare annoncée est la suspension de l’accord bilatéral signé en 2013, qui permettait aux détenteurs de passeports diplomatiques et de service algériens d’entrer en France sans visa. En le gelant, l’Élysée envoie un signal politique fort : les privilèges ne sauraient être maintenus dans un climat d’hostilité croissante.
Le cas de Boualem Sansal, écrivain renommé et critique acerbe du régime algérien, a particulièrement choqué l’opinion française. Son arrestation, jugée arbitraire par plusieurs ONG, est perçue comme une dérive autoritaire supplémentaire. Quant à Christophe Galez, journaliste accusé de « diffusion d’informations sensibles », son sort cristallise les inquiétudes sur la liberté de la presse dans l’espace maghrébin.
Ce durcissement de ton intervient à un moment où les relations franco-algériennes traversent une phase d’instabilité chronique. Après les promesses d’un « nouveau partenariat » formulées en 2022, les gestes de défiance se sont multipliés de part et d’autre. La décision de Paris pourrait ainsi provoquer une nouvelle crispation à Alger, dont la réaction officielle n’a pas encore été communiquée au moment de la rédaction de cet article.
En toile de fond, la France semble vouloir réaffirmer ses lignes rouges diplomatiques, notamment en matière de respect des droits de l’homme. Si la suspension de l’accord ne constitue pas une rupture formelle, elle s’apparente à un avertissement sérieux adressé à un partenaire maghrébin de plus en plus imprévisible.