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Australie : un geste diplomatique fort en faveur de la Palestine

11 août 2025 - 08:27

En prenant position à l’ONU en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien, l’Australie s’inscrit dans une vague diplomatique qui redéfinit les équilibres autour du conflit israélo-palestinien.

L’Australie reconnaîtra l’État palestinien lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies, en septembre. L’annonce du Premier ministre travailliste Anthony Albanese marque un tournant dans la position de Canberra et s’inscrit dans une dynamique internationale qui prend de l’ampleur depuis le début de la guerre à Gaza.

Pour Albanese, la reconnaissance de deux États permanents pour les Israéliens et les Palestiniens constitue la seule voie vers une paix durable. « L’Australie reconnaîtra le droit du peuple palestinien à disposer de son propre État », a-t-il déclaré à la presse, précisant avoir reçu l’assurance que le futur État palestinien n’impliquerait aucun rôle pour le Hamas.

Le geste australien rejoint celui de pays comme le Canada, la France et le Royaume-Uni, qui ont récemment annoncé leur intention de reconnaître l’État palestinien. Selon un décompte de l’AFP, 145 des 193 États membres de l’ONU ont déjà franchi ce pas ou s’apprêtent à le faire. Pour Canberra, il s’agit également d’un message adressé à la communauté internationale : « Il y a ici un moment d’opportunité, et l’Australie travaillera avec ses partenaires pour le saisir », a souligné Albanese.

Ce choix intervient alors qu’Israël fait face à une pression diplomatique croissante pour mettre fin à son offensive dans la bande de Gaza, où plus de deux millions de Palestiniens vivent sous la menace d’une « famine généralisée », selon l’ONU. La semaine dernière, le cabinet de sécurité israélien a approuvé un plan visant à prendre le contrôle de la ville de Gaza, avec pour objectif officiel de neutraliser le Hamas et de libérer les otages détenus depuis l’attaque du 7 octobre 2023.

Ce plan a provoqué l’indignation de nombreuses familles d’otages, qui y voient une condamnation à mort pour leurs proches. Le Hamas, de son côté, a averti que toute nouvelle offensive se solderait par un « sacrifice » de ses combattants, mais aussi par un risque accru pour les civils.

Depuis le début de cette guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas ayant causé la mort de 1 219 personnes côté israélien, les représailles israéliennes ont entraîné plus de 61 000 morts dans la bande de Gaza, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé de Gaza, jugées fiables par l’ONU.

En décidant de se positionner clairement à l’ONU, Canberra cherche à peser sur les équilibres diplomatiques autour de la question palestinienne. Si l’impact immédiat de cette reconnaissance reste incertain, elle alimente un mouvement international qui redessine les lignes du conflit. Pour les Palestiniens, c’est une victoire symbolique majeure ; pour Israël, un signal que son isolement sur la scène mondiale s’accentue. Dans un contexte où chaque geste compte, l’initiative australienne rappelle que la diplomatie, même tardive, peut encore ouvrir des perspectives.

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