Madrid et sept autres capitales européennes mettent en garde contre une escalade militaire qui, selon elles, aggraverait la crise humanitaire et compromettrait toute perspective de paix durable au Proche-Orient.
Dans un communiqué conjoint publié samedi, l’Espagne, l’Islande, l’Irlande, le Luxembourg, Malte, la Norvège, le Portugal et la Slovénie ont exprimé leur « condamnation ferme » du plan annoncé par le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, visant à prendre le contrôle de la ville de Gaza.
Pour ces huit pays, une telle opération ne ferait qu’augmenter « de manière inacceptable » le nombre de victimes civiles et provoquer le déplacement forcé de près d’un million de Palestiniens. Ils considèrent que toute modification démographique ou territoriale dans le Territoire palestinien occupé constitue « une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire ».
Le texte insiste sur le fait que l’occupation de Gaza représenterait un « obstacle majeur » à la mise en œuvre de la solution à deux États, présentée comme « la seule voie » vers une paix globale, juste et durable, capable de garantir la stabilité régionale. Les signataires réaffirment que la bande de Gaza doit être partie intégrante de l’État de Palestine, aux côtés de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.
Le communiqué appelle également à un cessez-le-feu immédiat, à la fin des hostilités, à la libération des otages détenus par Hamas et à « une entrée rapide, sans entraves et à grande échelle de l’aide humanitaire ». Par ailleurs, il précise que Hamas « ne peut jouer aucun rôle » dans la gouvernance ou les arrangements sécuritaires futurs à Gaza et doit être désarmé.
Cette prise de position collective reflète la fracture croissante entre une partie de l’Europe et la ligne défendue par Washington, qui continue de soutenir Israël dans sa campagne militaire. Elle traduit aussi la volonté de certains États européens de rappeler que le droit international, souvent invoqué mais rarement appliqué, doit servir de cadre à toute solution politique.
Pour un public maghrébin, cette déclaration a une résonance particulière : elle souligne que des voix européennes reconnaissent la nécessité d’un État palestinien viable et dénoncent les mesures qui risquent de rendre cet objectif irréalisable. Mais l’efficacité réelle de ce front diplomatique dépendra de sa capacité à dépasser les déclarations et à peser concrètement sur les décisions israéliennes.
Dans un conflit où la spirale militaire semble primer sur la logique politique, ce signal venu d’Europe rappelle qu’aucune paix durable ne peut se construire sur l’occupation et le déplacement forcé. Reste à savoir si cette condamnation restera symbolique ou marquera le début d’un engagement plus ferme en faveur du droit et de la justice au Proche-Orient.