Les garde-côtes français ont secouru mardi 111 migrants au large du Nord, au lendemain d’une autre opération qui en avait sauvé 164. Mais une jeune femme somalienne a perdu la vie. Cet épisode illustre la persistance des traversées vers le Royaume-Uni malgré l’accord migratoire franco-britannique.
La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord a confirmé mercredi plusieurs opérations de secours effectuées mardi au large des côtes nord de la France. Les embarcations, fragiles et surchargées, transportaient au total 111 personnes. Ces sauvetages sont intervenus au lendemain d’une journée tout aussi intense : lundi, 164 migrants avaient déjà été secourus dans la même zone.
Malgré ces interventions, une jeune femme originaire de Somalie est décédée dans la nuit de lundi à mardi près de Dunkerque. Elle tentait de traverser la Manche dans des conditions périlleuses. Ce décès porte à 19 le nombre de morts recensés depuis le début de l’année dans ce détroit, selon un décompte de l’AFP basé sur des sources officielles.
Les autorités notent une recrudescence des tentatives ces derniers jours, en raison de conditions météorologiques jugées favorables par les passeurs. Cette intensification survient à peine une semaine après l’entrée en vigueur d’un nouvel accord migratoire entre Paris et Londres, destiné à limiter les traversées. Depuis 2018, les passages clandestins par la Manche se sont imposés comme l’une des routes migratoires les plus surveillées d’Europe, avec une hausse notable de la mortalité ces dernières années.
La préfecture maritime souligne que, dans certains cas, les occupants des embarcations refusent l’assistance française, préférant poursuivre leur route vers les eaux britanniques. Face à ces situations, les autorités ne forcent pas l’évacuation, considérant la fragilité des navires et les risques liés à toute manœuvre.
Pour la France et le Royaume-Uni, la multiplication de ces traversées met en évidence les limites des dispositifs actuels. Les ONG rappellent que les causes profondes — instabilité politique, pauvreté, réseaux de passeurs — doivent être traitées conjointement par les pays d’origine, de transit et de destination. Pour le Maroc, pays de transit stratégique, ces drames interrogent sur le rôle que peuvent jouer les coopérations régionales et euro-méditerranéennes afin de concilier contrôle des frontières et sauvegarde des vies humaines.