Brasilia – En pleine crise diplomatique et commerciale avec les États-Unis, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a diffusé ce week-end une vidéo le montrant en train de planter une vigne dans les jardins du Palais de l’Alvorada. Filmée par la Première dame Janja da Silva, la scène s’accompagne d’un message à forte charge politique et culturelle : « Je sème de la nourriture, pas de la haine ».
Ce geste, adressé explicitement à Donald Trump, intervient après la décision de Washington d’imposer, début août, des droits de douane allant jusqu’à 50 % sur des produits clés brésiliens comme le café, les fruits ou la viande. Une mesure qui frappe de plein fouet l’un des marchés d’exportation les plus stratégiques pour la première économie d’Amérique latine.
Apparaissant en bermuda, les mains dans la terre, Lula donne à voir une scène presque pédagogique. La politique, suggère-t-il, se joue aussi dans l’art du symbole et des images. « J’espère qu’un jour vous pourrez visiter Brasilia pour découvrir le vrai Brésil », a-t-il ajouté dans son message diffusé sur X et Bluesky.
L’offensive américaine s’inscrit dans un contexte plus large : Trump a justifié les sanctions en dénonçant une prétendue « chasse aux sorcières » menée par la justice brésilienne contre son allié idéologique, l’ex-président Jair Bolsonaro, jugé pour tentative de coup d’État en 2022. Washington est même allé jusqu’à sanctionner le juge Alexandre de Moraes et plusieurs magistrats de la Cour suprême.
Face à ces pressions, Lula a réaffirmé son soutien aux institutions brésiliennes et défendu la souveraineté populaire. L’opposition est saisissante : tandis que Bolsonaro risque une lourde condamnation et que son héritage politique divise, son successeur choisit l’image d’une vigne plantée comme métaphore d’un avenir à reconstruire.
Cette vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux et dans les médias, illustre comment la bataille diplomatique entre Brasilia et Washington s’exprime aussi dans le langage symbolique. En Amérique latine, les gestes peuvent parfois avoir la portée d’un discours officiel.