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TICAD-9 : le Japon réaffirme sa ligne rouge face au « Polisario »

19 août 2025 - 13:43

À Yokohama, lors de l’ouverture de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD-9), le ministre japonais des Affaires étrangères, Takeshi Iwaya, a tenu à dissiper toute ambiguïté : le Japon ne reconnaît pas le mouvement séparatiste dit « Polisario » et son éventuelle présence n’altère en rien la position officielle de Tokyo.

Ce rappel, exprimé devant les délégations africaines et les organisations internationales, s’inscrit dans la continuité d’une politique claire : seuls les États ayant des relations diplomatiques établies avec le Japon sont considérés comme partenaires légitimes. La présence du Polisario sous bannière de l’Union africaine ne constitue donc pas une reconnaissance étatique.

Déjà, lors de la réunion préparatoire des hauts responsables, le chef de la délégation japonaise avait mis les points sur les « i », insistant sur le fait que la participation du mouvement séparatiste résultait d’une décision de l’Union africaine, non du gouvernement japonais. Tokyo a d’ailleurs souligné qu’aucune invitation directe n’avait été adressée à ce groupe.

La diplomatie japonaise joue ici une carte de cohérence : d’un côté, elle défend le multilatéralisme et le rôle de l’Union africaine dans le développement continental ; de l’autre, elle trace une frontière nette en matière de reconnaissance internationale. La précision du ministre Iwaya, relayée par l’agence PanOrient News, confirme une constante : le Japon « ne reconnaît pas la prétendue République arabe sahraouie démocratique ».

Cet épisode illustre également la dimension sensible de la question du Sahara marocain dans les forums internationaux. Le Maroc, qui propose une autonomie élargie comme solution politique réaliste et soutenue par de nombreux pays, voit dans cette déclaration japonaise un signe supplémentaire de légitimité et d’alignement avec la majorité des membres de l’ONU.

Au-delà du cas du sahara marocain, le message envoie un signal plus large : dans les enceintes internationales où se discutent développement et stabilité, Tokyo refuse de se laisser instrumentaliser par des logiques séparatistes. L’essentiel, pour le Japon, reste l’agenda initial de la TICAD-9 : renforcer la coopération économique, soutenir la paix et consolider la stabilité en Afrique.

Le Japon, attaché au droit international et à la clarté diplomatique, a choisi de lever toute ambiguïté : la participation forcée du Polisario dans un cadre multilatéral n’a aucune valeur juridique ni politique. Cette fermeté témoigne d’une volonté de préserver l’esprit de la TICAD : un espace pour le développement africain, non une scène de controverses idéologiques.

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