Suite à une plainte déposée par Abdelatif Ouahbi, ministre de la Justice, le journaliste Hamid El Mahdaoui (directeur du journal « Al Badil.info) a été condamné à une peine de 18 mois de prison ferme et à 1,5 million de dirhams de dommages et intérêts.
Cette condamnation intervient après une série de déclarations publiques faites par El Mahdaoui, notamment sur les réseaux sociaux, où il affirmait que la défense du ministre avait reconnu l’exactitude des faits qu’il avait rapportés.
Cependant, le journaliste considère comme un ciblage injuste, le fait que Ouahbi exige 10 millions de dirhams en dommages et intérêts ainsi qu’une peine de prison.
Les origines de l’affaire remontent à des publications d’El Mahdaoui concernant le dossier dit « Escobar du désert », dans lequel il aurait évoqué des liens présumés entre le ministre et deux personnes poursuivies dans cette affaire, Saïd Naciri et Abdenbi Bioui. Selon la plainte, El Mahdaoui est accusé de « distribution et diffusion d’allégations et de fausses informations dans le but de diffamer des personnes, calomnie et injure publique », en vertu des articles 2-447, 444 et 443 du Code pénal.
Pour l’avocat de la défense, Me Omar Daoudi, cette condamnation s’inscrit dans une série de procès que le juriste qualifie de « procès d’opinion ». Dans une déclaration recueillie par Reporters sans frontières (RSF), Me Daoudi déplore le recours à des articles du Code pénal pour contourner les dispositions du droit de la presse, interprétant cette approche comme une tentative de requalification de l’affaire dans le but de restreindre la liberté d’expression.