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Les dépenses de compensation reculent de 19 % à fin juillet : un signal budgétaire à surveiller

13 août 2025 - 19:43

La Trésorerie Générale du Royaume annonce une contraction notable des dépenses de compensation à fin juillet 2025, reflet à la fois d’une maîtrise budgétaire et de tensions sur d’autres postes de dépenses publiques.

La dernière publication mensuelle de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) indique que les émissions au titre de la compensation ont atteint environ 6,5 milliards de dirhams au 31 juillet, soit un recul de 19,2 % par rapport à la même période en 2024. Ce montant correspond à 38 % de la dotation inscrite dans la Loi de finances 2025 pour ce poste.

Cette diminution, interprétée comme le résultat combiné d’une stabilisation des prix de certaines matières premières et d’un ajustement ciblé des subventions, s’inscrit dans une dynamique budgétaire où d’autres postes connaissent des hausses significatives. Les dépenses de fonctionnement se sont établies à 195,3 milliards de dirhams, dont 104,1 milliards affectés aux salaires et rémunérations, en progression de 11,5 %. Cette hausse traduit à la fois l’impact des revalorisations salariales et la poursuite des recrutements dans les secteurs prioritaires.

Les dépenses d’équipement ont progressé de 11 % pour atteindre 51 milliards de dirhams, confirmant l’effort d’investissement public, tandis que les charges communes ont bondi de 39,1 %, à 29 milliards de dirhams. Ces évolutions traduisent un arbitrage où la réduction des dépenses de compensation libère des marges pour d’autres priorités économiques et sociales.

La TGR relève également une augmentation de 39,7 % de la part du budget général liée aux restitutions et exonérations fiscales. Cette hausse s’explique par une progression des remboursements de TVA intérieure — 7,81 milliards de dirhams contre 5,99 milliards un an plus tôt — et de l’impôt sur les sociétés — 3 milliards contre 1,69 milliard. Cette dynamique, si elle témoigne d’un meilleur traitement des créances fiscales des entreprises, implique aussi un effort accru de trésorerie de l’État.

Le recul des dépenses de compensation pourrait être interprété comme un signe de rationalisation budgétaire. Toutefois, dans un contexte où les prix mondiaux restent exposés à des chocs externes — qu’il s’agisse de l’énergie, des produits alimentaires ou du transport maritime —, cette marge pourrait être fragile. Les choix opérés par le gouvernement devront concilier la soutenabilité budgétaire et la protection du pouvoir d’achat, particulièrement en cas de retournement conjoncturel.

Pour les acteurs économiques, ce rééquilibrage des postes de dépenses représente un double signal : d’un côté, la volonté de maintenir l’investissement public comme levier de croissance ; de l’autre, une vigilance accrue quant aux instruments de soutien social. En toile de fond, se pose la question d’une réforme durable du système de compensation, capable de cibler les ménages les plus vulnérables sans grever la trajectoire budgétaire.

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