En 2025, plusieurs pays d’Amérique latine ont pris leurs distances avec la thèse séparatiste du Polisario. Ce réalignement diplomatique, entamé depuis quelques années, confirme l’érosion progressive du soutien à la prétendue « RASD » et renforce la position du Maroc sur la question du Sahara. Face à la constance de la diplomatie marocaine, la légitimité de la proposition d’autonomie gagne du terrain dans une région longtemps courtisée par l’axe algéro-polisarien.
Historiquement, l’Amérique latine a été l’un des principaux bastions du soutien à la ligne séparatiste. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. De Quito à Asuncion, en passant par Lima, Santiago ou Panama, de nombreux États revoient leur position. Le plan d’autonomie marocain, présenté en 2007 à l’ONU, s’impose, désormais, comme la seule base sérieuse, crédible et réaliste pour une solution politique au différend.
Ce changement est le fruit d’une stratégie diplomatique méthodique, conduite sous les Hautes Orientations du Roi Mohammed VI. Le Maroc a multiplié les démarches bilatérales, renforcé ses relations parlementaires et tissé des liens avec les milieux académiques, médiatiques et associatifs du continent. Cette approche persévérante a su convaincre. Elle contraste avec l’immobilisme du discours séparatiste, soutenu de manière automatique par l’Algérie, mais de plus en plus isolé dans les faits.
En 2024, plusieurs décisions diplomatiques ont marqué un tournant. L’Équateur et le Panama ont suspendu leur reconnaissance de la « RASD ». Le Pérou avait déjà fait de même l’année précédente. D’autres pays comme le Brésil, le Paraguay et le Chili ont exprimé leur soutien explicite au plan d’autonomie. Leurs parlements ont adopté des résolutions en ce sens, et leurs responsables diplomatiques ont évoqué sans ambiguïté une solution politique basée sur la proposition marocaine. Le ministre chilien des Affaires étrangères, Alberto Van Klaveren, a ainsi rappelé l’importance d’une issue « juste, viable et définitive » dans le cadre de l’initiative marocaine.
Parallèlement, la diplomatie parlementaire a connu un développement notable. Les échanges entre institutions législatives se sont intensifiés. Le Maroc a consolidé sa présence au sein du FOPREL et renforcé ses liens avec les organes régionaux tels que le PARLACEN, le Mercosur ou le Parlement andin. En avril 2025, le Parlement centraméricain a signé avec la Chambre des conseillers « la Déclaration de Laâyoune », saluant les efforts de développement dans les provinces du Sud et réitérant son appui à l’initiative d’autonomie comme solution politique durable.
Ce repositionnement n’est pas limité au champ institutionnel. Il touche aussi les universités, les médias, les cercles culturels. Le récit séparatiste, autrefois porté par un discours idéologique, se heurte désormais à une lecture plus rigoureuse du droit international. Comme l’a rappelé l’expert péruvien Miguel Ángel Rodríguez Mackay, la « RASD » n’a pas d’existence juridique. Elle est une fiction politique, construite pour servir des intérêts géostratégiques extérieurs à la région.
À Washington, le débat évolue également. En avril 2025, le député républicain Joe Wilson, membre du Comité des affaires étrangères du Congrès américain, a annoncé un projet de loi visant à inscrire le Front Polisario sur la liste des organisations terroristes. Cette initiative, rendue publique après sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita, s’inscrit dans une logique plus large : délégitimer les relais d’instabilité régionale et reconnaître la pertinence de la solution d’autonomie.
Selon Wilson, « la paix passe par une autonomie réelle sous souveraineté marocaine ». Ce changement de paradigme, soutenu par des éléments concrets sur le terrain, vise aussi à exposer les liens du Polisario avec certains réseaux hostiles, notamment en Afrique australe ou au Moyen-Orient.
Le recul du Polisario sur la scène latino-américaine est désormais manifeste. Il ne s’agit plus d’un simple affaiblissement diplomatique, mais d’un changement structurel. L’Amérique latine, fidèle à ses valeurs de souveraineté, de paix et de légalité, tend à reconnaître la solution marocaine comme la voie la plus réaliste pour sortir d’un conflit prolongé.
Ce réalignement diplomatique trouve un écho au-delà du continent. Le 1er juin 2025, le Royaume-Uni a officiellement apporté son soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara. Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a qualifié cette initiative de « base la plus crédible, viable et pragmatique » pour une résolution durable du conflit. Ce changement de position marque la fin de la neutralité historique de Londres sur cette question et aligne le Royaume-Uni avec d’autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, tels que les États-Unis et la France. En 2025, la dynamique est claire. L’axe séparatiste, longtemps soutenu par la diplomatie algérienne, perd de sa cohérence et de son ancrage. Le Maroc, lui, consolide ses alliances sur des bases politiques claires, loin des slogans idéologiques. La reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara s’élargit. Le projet séparatiste s’essouffle. Il ne reste qu’un discours figé, privé d’avenir.