Un think tank marocain exhorte Madrid à faire toute la lumière sur une page sombre de l’histoire maritime en Atlantique sud, lorsque des attaques armées attribuées au Polisario ont coûté la vie à des marins civils espagnols et marocains dans les années 1970 et 1980.
Le Centre national des études stratégiques a appelé les plus hautes autorités espagnoles – le président du gouvernement, la ministre de la Défense, le ministre des Affaires étrangères et la présidente du Congrès des députés – à ouvrir une enquête parlementaire exhaustive sur les attaques menées, durant les décennies 1970 et 1980, contre des navires de pêche opérant dans les eaux entourant le Sahara marocain.
Selon ce centre, ces opérations, attestées par les témoignages de survivants et de familles de victimes, ont provoqué la mort ou la blessure de dizaines de marins civils, ainsi que l’enlèvement et la détention de certains d’entre eux dans les camps de Tindouf. Les assaillants auraient utilisé des armes lourdes, selon des modes opératoires qui correspondent à la définition internationale du terrorisme.
D’après les chiffres communiqués par les autorités espagnoles, environ 289 citoyens espagnols auraient été tués ou enlevés lors de ces attaques attribuées au Front Polisario. Pourtant, aucune enquête officielle complète n’a été menée et aucune mesure judiciaire ferme n’a été prise contre les responsables présumés, ce qui soulève des interrogations sur l’égalité devant la loi et le droit à la justice pour toutes les victimes.
Le centre demande à Madrid d’initier une enquête parlementaire transparente afin d’identifier les responsabilités, de reconnaître officiellement la souffrance des victimes et de leurs proches, et de réévaluer sa position vis-à-vis du Front Polisario à la lumière des engagements internationaux en matière de lutte contre le terrorisme. L’organisme marocain rappelle que cette démarche pourrait s’inspirer de la position adoptée par le Congrès des États-Unis sur des faits similaires.
Enfin, le Centre national des études stratégiques affirme sa pleine disponibilité pour collaborer avec les institutions espagnoles compétentes afin de documenter les faits, clarifier les circonstances et garantir que justice soit rendue aux victimes et à leurs familles.