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Un nouveau contrat social… la technologie est incapable de remplacer les excellents enseignants !

La question de l’éducation restera à jamais une question centrale dans la vie des peuples, car elle constitue la base du progrès humain et du mouvement  social, l’école n’est pas seulement un espace pour apprendre à lire, écrire et « accumuler  » des connaissances ! L’école a des fonctions plus larges : c’est un espace de coexistence et de co-working par excellence, un espace dans lequel on acquiert les valeurs fondamentales qui distinguent la nation et créent la cohésion du peuple… Par conséquent, l’enseignant est aussi un éducateur, et nous considérons les composantes du processus d’éducation et d’apprentissage comme une famille.

Le document publié par l’UNESCO en novembre 2021, intitulé « Un nouveau contrat social pour l’éducation » constitue une contribution remarquable. Ce rapport, dont la préparation a duré deux ans, est le fruit d’un comité international composé de personnalités de différents domaines de connaissance et régions géographiques. Et cette diversité se traduit véritablement dans les principes fondamentaux de l’UNESCO tels qu’ils sont inscrits dans sa charte fondatrice « Plusieurs voix, un monde ».

Trois questions fondamentales ont émergé du rapport : « Quelles pratiques éducatives faut-il préserver ? A quoi faut-il renoncer ? Et qu’est-ce qui devrait être complètement recréé ? » Les réponses apportées à ces questions ont formé l’essence de ce nouveau contrat social pour l’éducation.

Ce contrat « doit être basé sur les principes fondamentaux des  droits de l’homme et sur les principes de non-discrimination, de justice sociale, de respect de la vie humaine, de sa dignité  et de la diversité culturelle, et il doit également être fondé sur la réciprocité et la solidarité ; Enfin, l’éducation doit être promue comme projet publique et une richesse commune de l’humanité. »

Bien sûr, la crise du Covid n’est pas passée inaperçue dans l’esprit des membres du comité, car ils ont prêté attention à son impact sur l’éducation qui a démontré une grande vulnérabilité face à la crise du Corona, ainsi, au plus fort de la pandémie, 1,6 milliard d’élèves et d’étudiants ont été empêchés d’assister à leurs études en personne à la suite de la fermeture d’établissements d’enseignement à travers le monde. Quant à la formation à distance, on sait aussi que la question ne concernait pas tout le monde au même degré. En général, les enfants vivant dans les pays pauvres, ou appartenant à des familles vulnérables dans tous les pays, ont été les plus touchés, car ils rencontraient de grandes difficultés pour faire face à cette situation.

Ainsi, le rapport met le doigt sur l’impact des différences dans la répartition des richesses sur l’éducation. Ces inégalités ont impactés  les pauvres, minant la cohésion sociale nécessaire à la prospérité et à la bonne gouvernance des sociétés. Elle a également donné à l’école une fonction très dur, elle qui d’ordinaire est chargée d’unifier les règles du jeu pour tous les bénéficiaires qui appartiennent à des milieux hétérogènes, où le niveau de soutien apporté à l’éducation varie, et ce problème est considéré comme extrêmement dangereux étant donné qu’assurer l’égalité des chances pour tous est une condition préalable à la réalisation d’un avenir plus juste et plus équitable.

Tout nouveau contrat social doit reposer sur les grands principes des droits de l’homme : inclusion et équité, coopération et solidarité, responsabilité collective et subordination mutuelle. Il doit également respecter les deux principes fondamentaux suivants : garantir le droit à une éducation de qualité tout au long de la vie, d’une part, et renforcer l’éducation en tant qu’entreprise sociale et bien commun, d’autre part.

Quant aux suggestions pratiques pour le renouvellement de l’éducation, elles peuvent se résumer comme suit : une pédagogie renouvelée centrée sur les principes de coopération et de solidarité, axant les contenus sur l’enseignement des apprentissages dans le domaine écologique et interculturel et l’intersection des disciplines, ce qui va aider les élèves et étudiants à accéder aux savoirs et à y contribuer, en développant leurs capacités à appliquer ces savoirs, ainsi qu’à se poser les questions nécessaires à leur sujet, et à renforcer les dimensions professionnelles des enseignants dans un cadre participatif, tout en les reconnaissant pour leurs efforts dans la production de connaissances et leur rôle moteur dans le processus de transformation sociale et éducative, les écoles doivent également être préservées, mais aussi rénovées afin de faire avancer la transformation du monde vers un avenir plus juste, équitable et durable, tant que la vie est pleine d’opportunités éducatives qui émergent dans différentes rencontres culturelles et sociales, tous les individus doivent saisir ces opportunités et doivent les développer, pour consacrer le droit à l’éducation toute la vie.

Les universités, en tant qu’espaces de créativité et d’innovation, et pour soutenir l’éducation en tant qu’acteur humain, doivent jouer un rôle décisif pour jeter les bases.  Enfin, il faut que toutes les composantes de la société contribuent à Prévoir l’avenir de l’éducation : enfants, jeunes, parents d’élèves, hommes et femmes de l’éducation, chercheurs, militants et hommes d’affaires, guides culturels et religieux.

Ce rapport doit être lu dans cet esprit : non pas comme un plan d’action, mais comme un  stimulant à la réflexion, la visualisation et le dialogue. « Il appartient aux différents groupes, pays, écoles, programmes et systèmes éducatifs, partout dans le monde, de se poser ces questions. »

L’éducation à l’horizon 2050 doit être préparée et ses principales caractéristiques doivent être décrites. S’il est un domaine qui nécessite une vision proactive, c’est bien celui de l’éducation et de la formation. L’ingénieur, médecin et professeur de l’année 2050 est l’enfant qui voit la lumière aujourd’hui ou dans les cinq prochaines années ! Au Maroc, par exemple, nous nous sommes plaints à juste titre de la pénurie de médecins, d’infirmières, d’enseignants et de spécialistes dans différents domaines. Cela est dû au fait que nous n’avions pas à l’époque de vision proactive pour comprendre les transformations de notre société, et nous avons abandonné l’idée de planifier et nous nous sommes contentés d’éteindre les feux et de gérer la réalité quotidienne.

Ainsi, les différentes réformes du secteur de l’éducation  depuis notre indépendance  ont été hâtives et improvisées. Le « plan d’urgence » en est peut-être un bon exemple. Pour la première fois, notre pays a pu avoir une vision à long terme couvrant la période 2015-2030.

Cependant, sa mise en œuvre stagne toujours, alors que nous sommes à mi-chemin, nous avons l’impression de ne pas avoir suffisamment progressé, et l’effort s’est orienté vers des batailles marginales, des polémiques stériles et des surenchères politiques. Ainsi, aujourd’hui nous sommes devant un tunnel sans issue, sachant que la question est liée à l’avenir de notre pays et à l’avenir de notre jeunesse. Que chacun assume ses responsabilités.

 

 

 

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