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Latifa Raafat : grandeur et décadence d’une voix qui traverse les générations

27 juin 2025 - 21:41

L’artiste Latifa Raafat, dont le nom est citée dans l’affaire « Escobar du Sahara » de trafic international de drogue, fait partie de ces voix que l’on n’oublie pas.

Née en 1965 à Kénitra, elle a grandi avec un rêve simple : chanter pour toucher les cœurs. Très jeune, elle monte sur scène et enregistre, dès 1982, « Mawwal Al-Hob », son premier titre qui annonce une carrière longue et sincère.

En 1985, elle reçoit le Grand Prix de la chanson marocaine avec « Khouyi ». Depuis, elle n’a jamais quitté la scène musicale. Sa voix puissante et douce à la fois a marqué le répertoire marocain, notamment grâce à des titres comme « Maghyara », « Dounia », ou encore « Ya Hali Ya Aachrani ». Ses chansons parlent d’amour, de nostalgie, de douleurs intimes. Mais au-delà des thèmes, c’est la manière dont elle les chante qui touche profondément : avec authenticité.

Latifa Raafat n’a jamais cherché à copier d’autres styles arabes. Elle a toujours mis en avant le dialecte marocain dans ses textes. C’est pour cela qu’elle reste, aujourd’hui encore, une référence culturelle dans le pays. Beaucoup disent qu’elle a contribué à faire entendre le marocain « darija » dans le monde arabe, avec fierté et dignité.

Elle a collaboré avec des artistes algériens, comme Mohamed Lamine, et participé à de grands festivals, dont Mawazine. Mais malgré le succès et les lumières, elle est restée proche des gens. Sur les réseaux sociaux, elle partage parfois ses réflexions sur la vie, la famille et la foi, rappelant qu’avant d’être une célébrité, elle est avant tout une femme marocaine ancrée dans sa culture.

Aujourd’hui encore, Latifa Raafat continue d’inspirer. Son parcours montre qu’une voix peut devenir un symbole. Symbole d’un Maroc fier de ses traditions, mais ouvert aux autres. Elle incarne cette génération d’artistes qui ont chanté avec le cœur et qui, même après quarante ans de carrière, continuent de transmettre douceur, émotion et respect.

La cour d’appel de Casablanca a décidé, jeudi dernier, de la convoquer pour témoigner dans le procès de « Escobar du Sahara » du nom du « Haj », un citoyen malien résident au Maroc qui a été le mari de Latifa Raafat pour quelques mois. Son témoignage pourrait être utile dans une affaire ou sont impliqués Said Naciri, ex dirigeant du WAC et parlementaire du Parti Authenticité et Modernité (PAM), Abdenabi Baoui, ex parlementaire du PAM ainsi qu’une dizaine de responsables et d’hommes d’affaires.

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