Au début de chaque saison sportive de la Botola Pro Inwi de football, on assiste au même feuilleton avec des clubs en situation de crise : des clubs sans présidents, des problèmes financiers et un mercato qui ne fait qu’empirer les choses.
Cette situation catastrophique est le résultat de plusieurs années de mauvaise gestion.
À chaque mercato, en effet, les présidents de club promettent monts et merveilles aux adhérents et aux supporters, et se lancent dans le marché sans logique sportive, ni financière. Une fièvre acheteuse qui a pour but principal de calmer les ardeurs des supporters et pousser la concurrence à surenchérir davantage sur le marché des transferts.
Résultats des courses, le joueur, dans la plupart des cas, ne donne pas satisfaction ou n’a pas perçu son dû, car il est, souvent, engagé avec une prime de signature mirobolante qui ne répond à aucune logique économique.
Du coup, le joueur dépose une plainte en bonne et due forme auprès de la commission des litiges de la FRMF ou va même plaider sa cause et défendre ses intérêts devant la FIFA ou le TAS.
Au total, les clubs marocains ont, actuellement, 40 litiges déposés devant la commission compétente de la FIFA. Des litiges qui touchent même le foot amateur et féminin. A ce rythme, le football marocain finira, probablement, par être blacklisté par la Fifpro ou la FIFA.
Cette situation est également le résultat de la fameuse loi sportive 30/09 qui est un élément dissuasif d’une grande ampleur.
A titre d’exemple, le Raja a un déficit de 43 millions de dirhams, et n’a pas encore pu qualifier ses joueurs. À Tanger, la société IRT est en conflit avec l’association qui gère le club faute de justificatifs de dépenses. À Tétouan, c’est une commission provisoire qui gère le MAT, un club en situation financière précaire qui a vu son bus saisi, durant quelques mois, par ses créanciers. Le MAS quant à lui doit subir un lifting financier avec pour objectif de résorber une dette abyssale. Enfin, c’est un SOS que doit lancer le club de Mohammedia, le SCCM, en pleine déconfiture sportive et financière.
La Direction nationale de contrôle et de gestion devrait taper du poing sur la table pour éviter la faillite du championnat.
Plusieurs clubs (Raja, MAT…) organiseront des assemblées générales durant les prochaines semaines. Ce qui pourraient, peut-être, éclaircir la situation, ne serait-ce qu’au niveau du leadership.