Lors d’un forum sur le journalisme et l’éducation médiatique organisé dans la ville de Dakhla, la journaliste espagnole Patricia Medjidi Juez a témoigné des conditions qu’elle a observées dans les camps de réfugiés de Tindouf, dans le sud algérien. Son constat est direct : vie précaire, population maintenue dans la dépendance, et détournement massif de l’aide humanitaire.
Autrice du documentaire « De Laâyoune à Tindouf : Le chemin de la dignité », Medjidi Juez a effectué plusieurs visites, tant dans les camps que dans les régions du sud du Maroc. Selon ses propos, certains cadres du Front Polisario utiliseraient l’aide internationale à des fins personnelles, notamment pour financer des biens immobiliers à l’étranger ou des déplacements privés. « J’ai vu des valises remplies d’argent là où on attendait nourriture et médicaments », a-t-elle déclaré.
La journaliste a également souligné le contraste entre la situation dans les camps et celle des villes sahariennes sous administration marocaine. À El Aiún, Dakhla ou Smara, elle affirme avoir constaté « une vie normale, du travail, de la stabilité, et une population active ». Dans les camps, au contraire, elle décrit un climat de peur et de contrôle permanent.
Elle estime que la prolongation du conflit sert certains intérêts, notamment ceux liés à la gestion opaque de l’aide humanitaire. « Un règlement politique du différend risquerait de tarir des sources de financement », a-t-elle averti. Elle affirme que de plus en plus d’acteurs internationaux prennent conscience de cette réalité.
Enfin, Medjidi Juez a appelé les médias internationaux à effectuer des missions sur le terrain, tant dans les camps de Tindouf qu’au Sahara occidental, afin d’observer directement les conditions de vie et de confronter les discours aux faits.