Les conditions climatiques enregistrées ces derniers mois laissent entrevoir une saison agricole plus favorable au Maroc. Dans sa note de conjoncture de février 2026, la Direction des Études et des Prévisions Financières (DEPF) relève que les précipitations généralisées et exceptionnelles observées depuis la deuxième décade de novembre 2025 ont produit des effets positifs sur l’ensemble du territoire national.
Selon le document, ces pluies ont permis d’élargir les surfaces cultivées, de recharger les nappes phréatiques et d’améliorer sensiblement le taux de remplissage des barrages, un indicateur clé pour la sécurité hydrique et la stabilité du secteur agricole.
Au 20 février, le taux global de remplissage des barrages atteignait 70,7 %, contre 27,6 % à la même période l’année précédente, soit une progression remarquable de 43,1 points. Cette dynamique s’est intensifiée durant les deux derniers mois, avec un gain supplémentaire de 37,3 points entre le 22 décembre 2025 et le 20 février 2026.
Le volume d’eau stocké s’élève désormais à 11,8 milliards de mètres cubes, un niveau qui profite à l’ensemble des bassins hydrauliques du Royaume. Le bassin du Sebou dépasse les 5 milliards de m³, tandis que celui d’Oum Er-Rbia affiche 2,3 milliards m³, contre à peine 254,3 millions un an plus tôt. Les bassins du Loukkos, du Souss-Massa et de la Moulouya enregistrent eux aussi des progressions significatives.
Au-delà des indicateurs hydriques, la DEPF souligne que cette amélioration climatique pourrait soutenir la performance globale du secteur agricole, déjà portée par une dynamique exportatrice. Les exportations agricoles, forestières et cynégétiques ont ainsi atteint 42,2 milliards de dirhams à la fin de l’année 2025, en hausse de 3,6 %.
Dans un contexte marqué ces dernières années par des épisodes de sécheresse prolongée, ces évolutions sont perçues comme un signal positif pour la campagne agricole en cours, avec des implications directes sur la croissance économique, l’emploi rural et la stabilité des prix.