Dakhla-Oued Eddahab vient d’engager trois projets majeurs destinés à renforcer sa place dans les échanges entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest. Une nouvelle étape dans la stratégie d’aménagement de la façade atlantique voulue par Mohammed VI.
Trois conventions ont été signées à Dakhla, en présence des ministres du Transport et de la Logistique et de l’Industrie et du Commerce. Elles constituent le socle d’un ensemble logistique intégré qui devrait redessiner la circulation des marchandises depuis El Argoub jusqu’au poste frontalier d’El Guerguerat, pivot du corridor reliant le Maroc aux marchés ouest-africains.
Le premier accord engage la création d’une zone d’activités économiques à El Argoub. Vingt hectares y seront aménagés pour accueillir une plateforme logistique moderne, pensée pour réduire les coûts de transport et structurer les opérations commerciales régionales. Le budget alloué, estimé à 134 millions de dirhams, vise aussi la création d’emplois qualifiés et l’émergence d’un tissu entrepreneurial local.
La deuxième convention concerne l’aménagement de la première tranche du centre routier d’El Guerguerat, sur deux hectares à Bir Gandouz. L’objectif : sécuriser le trafic, organiser les flux de camions et offrir aux transporteurs un espace opérationnel adapté aux exigences d’un corridor stratégique. Cette étape est considérée comme décisive pour fluidifier un passage frontalier qui s’impose déjà comme la principale porte terrestre entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne.
Le troisième accord porte sur une zone de commerce et de distribution à El Guerguerat, inscrite dans le programme de développement intégré de Dakhla-Oued Eddahab. La vocation est claire : renforcer la capacité d’exportation, attirer des investissements et offrir aux entreprises une infrastructure conforme aux standards internationaux. L’expertise de l’Agence marocaine de développement de la logistique sera mobilisée dans le cadre d’un partenariat public-privé destiné à garantir l’efficacité du projet.
Les ministres présents ont rappelé que ces initiatives s’articulent avec les grands chantiers en cours, en particulier le Port Dakhla Atlantique, destiné à devenir un point d’ancrage majeur du commerce maritime sur la façade atlantique. Ensemble, ces projets composent un écosystème cohérent qui consolide le rôle de la région comme plateforme économique ouverte sur la profondeur africaine.
Selon les responsables gouvernementaux, la dynamique observée dans les provinces du Sud confirme les effets d’une vision d’aménagement engagée depuis 2015. Les investissements structurants réalisés ces dernières années ont progressivement transformé le positionnement géo-économique de Dakhla, qui se prépare à accueillir de nouvelles chaînes logistiques internationales.
L’enjeu dépasse la seule modernisation des infrastructures : il s’agit de donner corps à une ambition atlantique africaine, d’offrir aux opérateurs un environnement compétitif et de consolider un axe stratégique qui relie l’Europe aux marchés du Sahel et du Golfe de Guinée.