Bruxelles annonce une traduction concrète de son nouveau positionnement en faveur de l’initiative marocaine d’autonomie, avec des missions économiques, un cadre consulaire unifié et une séquence diplomatique de haut niveau annoncée pour 2026.
La Belgique a officialisé son intention d’inscrire son soutien à l’initiative d’autonomie dans le Sahara marocain dans une logique d’actions tangibles. S’exprimant devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre à Bruxelles, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a assuré que la nouvelle ligne serait « activée sur le terrain », à la fois par des leviers diplomatiques et par des partenariats économiques.
Dans l’immédiat, le chef de la diplomatie belge a annoncé qu’il mandaterait l’ambassadeur de Belgique à Rabat pour une visite prochaine dans les provinces du Sud, avec pour objectif de préparer une série d’initiatives économiques. Celles-ci incluent des déplacements de délégations d’entrepreneurs belges, l’organisation de forums d’affaires au Maroc et en Belgique, ainsi que l’envoi d’une mission conjointe réunissant les trois agences régionales belges de développement économique. Le message est clair : passer d’un soutien politique à une présence économique structurée.
Sur le plan consulaire, Bruxelles entend lever toute ambiguïté territoriale. Les services destinés aux ressortissants belges établis dans le Sahara marocain relèveront de la compétence de la représentation consulaire installée à Rabat, considérée comme responsable de l’ensemble du territoire marocain, sans distinction régionale. Une précision qui conforte la cohérence administrative du nouveau cap.
À moyen terme, la diplomatie bilatérale montera d’un cran. Une visite officielle au Maroc est prévue pour le printemps 2026, conduite par le Premier ministre Bart De Wever, avec pour objectif le suivi des accords conclus entre Rabat et Bruxelles et l’ouverture de nouvelles pistes de coopération sectorielle. En parallèle, les deux capitales travaillent à la préparation d’une visite d’État du souverain belge au Maroc au cours de la législature en cours, signal politique fort d’un rapprochement assumé.
La séquence belge marque une évolution qualitative : un alignement de la parole et des actes dans un dossier hautement sensible. Au-delà de la symbolique, les annonces engagent désormais des instruments précis — entreprises, administrations, calendrier — susceptibles d’ancrer la relation dans la durée. La question centrale réside dans la capacité à faire converger intérêts économiques et constance diplomatique. À ce stade, la mécanique est lancée ; sa crédibilité se mesurera à la rapidité d’exécution et à la densité des projets.