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Rabat - Océan: une circonscription, jadis, « de la mort »

02 septembre 2024 - 21:58

À Rabat-Océan, on reparle, ces jours-ci de « la circonscription de la mort », suite au lancement de la compagne électorale pour la réélection, le 12 septembre, d’un député à la Chambre des représentants.

C’est ici, au centre de Rabat, dans des quartiers de la classe moyenne principalement, que s’étaient affrontés en 2021, des ténors de la vie politique : l’ex chef du gouvernement SaâdEddine El Othmani, l’ex ministre et secrétaire général du PPS Nabil Benabdellah, ou encore l’actuel ministre et membre du PAM, Mehdi Bensaidi. Les deux premiers ténors avaient échoué à cet exercice et seul Bensaid avait réussi à être élu dans un duel qui tournait, alors, autour de 4 sièges parlementaires.

Le 12 septembre, un seul siège sera en jeux, cette fois-ci, celui de Abderrahim Ouslam , un député du Rassemblement national des indépendants (RNI) qui a été destitué l’année dernière, sanctionné par la Cour constitutionnelle à cause d’un chèque sans provision.

De plus en plus de parlementaires sont dans la même situation. Des dizaines d’entre eux sont depuis 2021, soit empêtrés dans des affaires judiciaires en cours de jugement, ou emprisonnés après avoir été écartés définitivement du parlement.

4 partis politiques vont s’affronter pour ce siège. Le RNI qui dirige la majorité gouvernementale a choisi le candidat Saâd Benbarek, ex président du conseil préfectoral de Rabat, le PJD (opposition) avec Abdessamad Abou Zaher, un ex parlementaire, la Fédération de la gauche (opposition), avec Farouk Mahdawi, membre du conseil de la ville, et l’Union socialiste des forces populaires (USFP, opposition) a présenté Yassine Eltounarti.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis 2021. Les enjeux sont différents aujourd’hui. Ils sont plus symboliques que stratégique. Le RNI veut, ainsi, garder cette circonscription sous son giron pour faire taire les critiques visant son bilan aussi bien gouvernemental que local au conseil de la ville. Même si le parti dispose d’une majorité très confortable au Parlement.

À part la course aux candidatures, aucun débat publique d’idée  ou de programme n’a encore émergé alors que la campagne électorale vient juste de démarrer vendredi.

Le grand enjeu serait, également, le taux de participation. En 2021 ce taux avait dépassé 50% au niveau national. Les électeurs iront -ils massivement aux urnes, le 12 septembre, pour que Rabat-Océan mérite, dans un nouveau contexte, son appellation, jadis, par une certaine presse, de « circonscription de la mort » ?

 

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