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Le monde se mobilise pour la Palestine : l’ONU relance l’option de deux États sans les États‑Unis ni Israël

29 juillet 2025 - 12:19

Alors que Washington et Tel-Aviv restent à l’écart du débat, l’Assemblée générale des Nations Unies réaffirme le consensus international en faveur de deux États. La paix ne semble plus attendre l’autorisation.

Un geste diplomatique résonnant bien au-delà de la salle de réunion de l’ONU : lors d’une conférence ministérielle, menée par la France et l’Arabie saoudite, au moins 142 des 193 États membres ont réaffirmé leur soutien à la solution à deux États. Ce rendez-vous a été boycotté par les États-Unis et Israël, qui ont dénoncé un « coup de communication » récompensant le terrorisme. Mais, pour la majorité des participants, le message était clair : la paix ne peut plus dépendre des mêmes blocages d’hier.

Le ministre français Jean‑Noël Barrot a été limpide : « Seule une solution politique à deux États peut répondre aux aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens ». Sans détour, sans euphémisme. Après presque deux ans de guerre à Gaza et plus de 35 000 morts, l’urgence ne tolère plus les délais diplomatiques. Le Luxembourg s’est laissé entendre qu’il suivra l’exemple de la France, laquelle annoncera la reconnaissance du statut d’État palestinien à l’Assemblée générale.

Dans le discours du secrétaire général António Guterres, l’ONU concède que la solution à deux États est aujourd’hui « plus lointaine que jamais ». L’expansion des colonies en Cisjordanie, les menaces d’annexion et la dévastation de Gaza mettent en péril la viabilité géographique — et politique — d’un État palestinien. Mais renoncer à cette possibilité reviendrait à accepter un conflit éternel comme un état normal.

Dans le monde arabe, le soutien à la cause palestinienne conserve toute sa vigueur. Plusieurs États ont réaffirmé que la création d’un État palestinien reste une condition essentielle pour toute normalisation avec Israël. À New York, le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Fayçal ben Farhane, a déclaré que « la reconnaissance de la Palestine est la clé de la paix régionale ». Pour les opinions publiques de la région, la guerre à Gaza n’a fait que renforcer cette exigence de justice.

Le ministre saoudien Faisal bin Farhan a souligné l’enjeu géopolitique. La création d’un État palestinien devient une condition sine qua non pour normaliser les relations entre le monde arabe et Israël. Le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa a quant à lui demandé que le Hamas remette le pouvoir à l’Autorité palestinienne, offrant des garanties internationales pour orchestrer la transition à Gaza.

L’union des États-Unis avec Israël dans les instances internationales n’est pas une surprise. Ce qui change, c’est que le monde avance désormais sans eux. Dans le vide diplomatique ouvert par Washington et Tel-Aviv, d’autres puissances — et même de plus petits pays — s’expriment à présent avec un discours plus clair, plus civilisateur.

Le conflit israélo-palestinien ne se résoudra ni par une seule conférence ni par une proclamation symbolique. Mais le fait que la majorité des États membres renouvelle le consensus historique de 1947 — deux États, deux peuples, un avenir de justice partagée — représente une inflexion significative au cœur d’une crise humanitaire qui s’aggrave.

Ce qui est en jeu dépasse la seule paix au Moyen-Orient : la crédibilité du droit international est elle aussi mise à l’épreuve. Lorsque les bombes éteignent l’espoir, les cartes doivent être redessinées avec dignité.

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