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Un déficit budgétaire creusé par les importations et la dette malgré des recettes fiscales en hausse

23 août 2025 - 17:25

Malgré une progression notable des recettes fiscales, le déficit budgétaire du Maroc s’est creusé à 55 milliards de dirhams à fin juillet 2025. Les importations de biens et services ainsi que le poids croissant de la dette expliquent cette dérive, révélant les fragilités structurelles des finances publiques.

Le ministère de l’Économie et des Finances a annoncé que le déficit budgétaire du Maroc a atteint 55 milliards de dirhams à fin juillet 2025, contre 40,2 milliards de dirhams sur la même période de l’année précédente. Ce creusement résulte d’une progression des dépenses plus marquée que celle des recettes.

Selon le dernier rapport sur la situation des charges et ressources du Trésor, les dépenses se sont accrues de 43,4 milliards de dirhams, alors que les recettes n’ont progressé que de 28,7 milliards de dirhams.

Recettes fiscales dynamiques mais insuffisantes

Les recettes, calculées nettes des exonérations, restitutions et dégrèvements, ont enregistré un taux de réalisation de 57,4 % par rapport aux prévisions de la loi de finances. Elles progressent de 14,5 % sur un an, soit un apport supplémentaire de 28,7 milliards de dirhams.
Les recettes fiscales représentent l’essentiel de cette dynamique, atteignant 201,8 milliards de dirhams (+27,7 milliards), avec un taux de réalisation de 63,1 %.

Des dépenses ordinaires en forte hausse

Les dépenses ordinaires se sont établies à 213,9 milliards de dirhams à fin juillet, en augmentation de 25,1 milliards par rapport à 2024. Cette hausse s’explique principalement par :

  • la progression des charges liées aux biens et services (+24,7 milliards),

  • la hausse des intérêts de la dette (+4,9 milliards),

  • tandis que les charges de compensation reculent de 4,5 milliards.

Dans le détail, les dépenses de personnel affichent un taux de réalisation de 57,7 %, et celles liées aux autres biens et services 62 %, avec une hausse respective de 10,7 et 14 milliards de dirhams.

Concernant le service de la dette, le taux de réalisation atteint 64 %, marqué par une augmentation des intérêts de la dette intérieure (+5,7 milliards) et une baisse de ceux de la dette extérieure (–753 millions).

Recul des subventions

Les dépenses de compensation, elles, reculent à 69,5 % d’exécution, pour un montant en baisse de 4,5 milliards. Ce repli est lié à :

  • la diminution des aides au butane (11,9 milliards, –1,6 milliard),

  • au sucre (–939 millions),

  • à la farine nationale de blé tendre (–430 millions),

  • ainsi qu’à la fin du soutien aux professionnels du transport routier (1,6 milliard en 2024).

Investissements et comptes spéciaux

L’excédent ordinaire s’établit néanmoins à 12,9 milliards de dirhams, contre 9,3 milliards l’an dernier.
Les dépenses d’investissement atteignent, pour leur part, 60,8 milliards (+3,5 milliards), avec un taux de réalisation de 57,6 %.
Enfin, les comptes spéciaux du Trésor affichent un solde négatif de 7 milliards, après un excédent de 7,8 milliards enregistré en juillet 2024.

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