Pour les États-Unis, l’initiative d’autonomie proposée par le Maroc reste la seule voie crédible pour mettre un terme définitif au différend autour du Sahara. La réaffirmation publique de cette position, par la voix du conseiller américain Massad Boulos, intervient à un moment clé du calendrier diplomatique.
Sur la plateforme X, Massad Boulos a tenu des propos sans ambiguïté : « L’autonomie sous souveraineté marocaine constitue la seule solution réaliste pour résoudre ce différend. » Le message n’apporte pas de nouveauté doctrinale, mais il consolide une ligne diplomatique américaine désormais constante depuis la reconnaissance de décembre 2020. À l’approche de l’examen du dossier par le Conseil de sécurité de l’ONU en octobre, la clarté affichée par Washington envoie un signal lourd de portée.
Cette réaffirmation place Rabat dans une position de confort diplomatique. Depuis 2007, l’initiative d’autonomie est présentée comme un compromis réaliste et crédible. Progressivement, plusieurs capitales occidentales et arabes s’y sont ralliées, de Madrid à Paris en passant par les pays du Golfe et nombre d’États africains. En écho, les ouvertures de consulats à Laâyoune et Dakhla symbolisent ce basculement international. La parole américaine vient renforcer cette dynamique et fragiliser davantage les discours qui continuent de brandir l’option d’un référendum impossible.
Du côté d’Alger et du Polisario, cette fermeté américaine accentue l’isolement. En parlant de « seule solution », Washington ferme la porte aux équivoques diplomatiques qui entretenaient jusqu’ici un statu quo confortable pour les adversaires du Maroc. La sémantique choisie est révélatrice : il traduit une volonté de recentrer le débat international sur un horizon unique, celui de l’autonomie sous souveraineté marocaine.
Il convient de souligner la continuité de cette orientation. Ni l’administration Biden ni les acteurs de la diplomatie actuelle n’ont infléchi la reconnaissance annoncée en 2020, preuve que cette lecture dépasse les alternances partisanes et s’inscrit dans une logique stratégique durable. Pour les États-Unis, la stabilité régionale, la coopération sécuritaire et le développement économique trouvent leur garantie dans un partenariat renforcé avec Rabat et dans la reconnaissance de son rôle central au Maghreb.
L’autonomie dispose déjà d’un cadre institutionnel et politique solide, dont les modalités pratiques viendront naturellement préciser la mise en œuvre. L’essentiel est que l’architecture globale est désormais établie et reconnue. La diplomatie américaine invite à tourner la page des illusions et à accepter une réalité consolidée par le temps et par l’appui croissant de la communauté internationale.
En politique étrangère, les phrases brèves peuvent marquer des tournants durables : en réaffirmant que l’autonomie marocaine est l’unique solution viable, Washington donne au dossier du Sahara marocain une direction claire, qui pourrait accélérer son règlement définitif.