La réalisatrice marocaine Layla Triqui a reçu une mention spéciale du jury au Festival international du film de Kazan pour son long-métrage Empreintes du vent (وشم الريح, littéralement « Tatouage du vent »). Cette distinction confirme l’émergence d’un cinéma marocain capable de conjuguer identité et universalité.
Du 6 au 9 septembre, la capitale du Tatarstan a accueilli la 21e édition du Festival international du film « Altyn Minbar », placé sous le signe du « Dialogue des cultures pour une culture du dialogue ». Dans cette rencontre dédiée aux échanges entre cinéastes des mondes musulman et non musulman, le regard de Layla Triqui a su s’imposer.
Empreintes du vent s’inscrit dans une veine à la fois intimiste et universelle. En suivant des personnages marqués par l’exil, la mémoire et la fragilité des liens humains, le film déploie une écriture visuelle où la mer, le vent et le temps deviennent des protagonistes à part entière. La poésie de l’image dialogue avec la dureté des destins.
La mention spéciale remise à Triqui par Roushan Abbasov, vice-président du Conseil des muftis de Russie, résonne comme une reconnaissance de la vocation même du festival : faire du cinéma un langage commun, capable de dépasser les frontières religieuses et culturelles.
Depuis sa création en 2005, le Festival de Kazan s’affirme comme un espace de visibilité pour des œuvres issues de contextes variés, où les valeurs humaines et spirituelles sont mises en avant. La distinction accordée à Empreintes du vent illustre la place croissante du Maroc dans cette géographie culturelle : un pays qui, fort de ses traditions, sait offrir au monde des récits porteurs d’universalité.
Au-delà du prix, c’est une génération entière de cinéastes marocains qui s’affirme à l’international. Layla Triqui en est l’exemple : elle inscrit son œuvre dans une double fidélité – à une mémoire marocaine vivante et à une ambition artistique qui transcende les appartenances.
Le cinéma, lorsqu’il s’ouvre au vent et aux empreintes qu’il laisse, devient un outil de rencontre. Empreintes du vent rappelle que le Maroc, au-delà de son public passionné, est devenu un producteur d’œuvres capables de nourrir le dialogue cinématographique mondial.
