La Zone de libre-échange continentale africaine constitue aujourd’hui un choix stratégique majeur pour renforcer les échanges entre pays africains et réduire la vulnérabilité du continent face aux fluctuations des marchés internationaux. C’est le message central porté par Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, lors de la deuxième édition du Forum des affaires de la ZLECAf, ouverte vendredi à Marrakech.
Dans une intervention vidéo diffusée à l’ouverture des travaux, la responsable onusienne a rappelé un constat récurrent. Malgré son potentiel économique, l’Afrique ne réalise qu’environ seize pour cent de son commerce à l’intérieur du continent. Plus de la moitié des importations et des exportations africaines restent concentrées vers cinq grandes économies mondiales, exposant ainsi les pays africains à des chocs extérieurs récurrents.
Selon Rebeca Grynspan, cette configuration rend les économies africaines particulièrement sensibles aux périodes d’instabilité internationale. Dans ce contexte, la ZLECAf offre une alternative crédible en favorisant des échanges entre partenaires qui partagent des réalités économiques proches et des besoins similaires. Elle permet également de rééquilibrer les flux commerciaux en direction du marché continental, encore largement sous-exploité.
La secrétaire générale de l’UNCTAD a insisté sur le rôle central des petites et moyennes entreprises dans cette dynamique. L’accès élargi au marché africain ouvre, selon elle, de nouvelles perspectives pour ces acteurs, à condition que l’accompagnement financier et technique soit renforcé, notamment avec l’appui des partenaires du développement.
Si les échanges intra-africains progressent à un rythme soutenu, ils demeurent en deçà des capacités réelles du continent. La ZLECAf représente, dans cette perspective, un instrument structurant permettant à l’Afrique de capter une part plus significative de la croissance mondiale, tout en consolidant ses chaînes de valeur régionales.
Rebeca Grynspan a également souligné la place historique de l’Afrique comme espace de circulation des idées, des cultures et des économies. L’intégration commerciale promue par la ZLECAf s’inscrit, selon elle, dans cette continuité, en accompagnant une transformation progressive du modèle économique continental.
La responsable onusienne a enfin appelé à renforcer les partenariats stratégiques, à développer les capacités productives locales et à soutenir les acteurs économiques africains. Le succès de la ZLECAf constitue, à ses yeux, une condition essentielle pour bâtir un avenir économique plus solide et plus équilibré pour le continent.
La deuxième édition du Forum des affaires de la ZLECAf se tient les 11 et 12 décembre à Marrakech, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. L’événement s’inscrit dans la continuité des initiatives portées par le Maroc pour accélérer la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale, tant à l’échelle nationale que régionale.
Le forum est organisé par le secrétariat d’État chargé du Commerce extérieur, en partenariat avec le Secrétariat de la ZLECAf, l’Association marocaine des exportateurs, la Confédération générale des entreprises du Maroc et l’Association des régions du Maroc, traduisant l’engagement du Royaume en faveur d’une intégration économique africaine durable.