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La réforme de l’ONU face à une architecture figée

23 décembre 2025 - 17:37

La candidature de Rafael Grossi relance le débat sur l’efficacité des Nations unies. L’appel à une organisation plus active se heurte toutefois à des contraintes institutionnelles qui limitent l’action du secrétaire général.

La candidature de Rafael Grossi à la tête des Nations unies intervient dans un contexte de remise en question persistante du multilatéralisme. En plaidant pour une ONU moins déclarative, le diplomate argentin reprend un constat largement partagé. Cette position ne modifie toutefois pas les paramètres qui encadrent l’exercice du pouvoir au sein de l’organisation.

À la direction de l’Agence internationale de l’énergie atomique depuis 2019, Grossi a acquis une expérience reconnue dans la gestion de dossiers sensibles. Son parcours illustre une approche fondée sur l’expertise et la médiation. Il met également en lumière une limite structurelle. Les institutions onusiennes demeurent tributaires des choix politiques des États les plus influents.

Les difficultés rencontrées par l’ONU dans plusieurs crises récentes ne tiennent pas à un déficit administratif. Elles résultent de blocages assumés au sein du Conseil de sécurité, où le droit de veto continue de neutraliser toute décision contraignante. Dans ce cadre, l’appel à une ONU plus active relève davantage d’une intention que d’un pouvoir réel.

Le soutien du président argentin Javier Milei à cette candidature souligne une ambivalence fréquente. Les États critiquent les limites du multilatéralisme tout en cherchant à y renforcer leur influence. Cette posture traduit moins une incohérence qu’un malaise durable face à un ordre international perçu comme nécessaire et insuffisant à la fois.

La perspective d’une alternance géographique après le mandat de António Guterres confère une légitimité politique à la candidature de Grossi. Elle ne modifie pas pour autant la répartition du pouvoir au sein de l’ONU. Le secrétaire général dispose d’une autorité morale et administrative, mais reste dépendant des équilibres entre grandes puissances.

Dans ces conditions, la réforme apparaît comme un objectif récurrent sans traduction institutionnelle profonde. Des ajustements restent possibles dans les méthodes et les priorités. L’essentiel, à savoir la capacité de décision dans les crises majeures, demeure hors de portée tant que l’architecture du Conseil de sécurité reste inchangée.

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