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L’opposition quitte une séance parlementaire sur la loi du Conseil national de la presse

24 décembre 2025 - 13:39

La séance législative consacrée à l’examen du projet de loi relatif au Conseil national de la presse a connu, ce mercredi, un tournant politique marqué. Après plus d’une demi-heure de suspension demandée par les groupes de l’opposition, ces derniers ont annoncé leur retrait collectif des travaux, en signe de protestation contre la conduite des débats par le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mehdi Bensaid.

S’exprimant au nom des composantes de l’opposition, Noureddine Soulaik, président du groupe de l’Union marocaine du travail, a dénoncé le rejet systématique de l’ensemble des amendements proposés. Selon lui, cette attitude a vidé le débat parlementaire de sa substance et ignoré des avis institutionnels jugés essentiels, notamment ceux du Conseil national des droits de l’homme et du Conseil économique, social et environnemental, ainsi que les conclusions d’une journée d’étude consacrée au texte.

La suspension initiale de la séance avait été sollicitée par les groupes socialiste et haraki, en coordination avec les centrales syndicales représentées à la Chambre des conseillers, à savoir l’UMT, la Confédération démocratique du travail et l’Union nationale du travail au Maroc. Tous ont exprimé une même lecture critique du processus, estimant que l’esprit de concertation ayant marqué les phases antérieures du projet s’était dilué au stade législatif.

Après le départ de l’opposition, le président de séance, Lahcen Haddad, a annoncé la poursuite de la procédure d’adoption du texte. Les groupes de la majorité ont alors présenté les amendements initialement portés par l’opposition, avant de les rejeter lors du vote. Une séquence qui a renforcé le sentiment de rupture entre les deux camps.

Dans une intervention empreinte d’ironie, Noureddine Soulaik s’est adressé aux bancs de la majorité en déclarant qu’il leur laissait le soin de défendre des amendements qu’ils s’apprêtaient eux-mêmes à écarter, tout en affirmant sa « confiance » dans l’issue du vote. Au-delà de la formule, l’épisode révèle une crispation durable autour d’un texte sensible, au croisement des enjeux de régulation de la presse, de libertés publiques et d’équilibre institutionnel.

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