Les recettes fiscales ont enregistré une nette progression au cours des onze premiers mois de l’année 2025, confirmant la solidité des finances publiques dans un contexte économique encore marqué par des ajustements budgétaires. Selon le ministère de l’Économie et des Finances, les recettes ont dépassé 301,9 milliards de dirhams à fin novembre, soit une hausse de 14,5 % par rapport à la même période de 2024.
D’après la dernière situation des charges et ressources du Trésor, ce niveau de recettes correspond à un taux de réalisation de 94,3 % des prévisions inscrites dans la loi de finances. Cette performance traduit une dynamique soutenue de la fiscalité, portée à la fois par l’amélioration du recouvrement et par certaines mesures fiscales introduites au cours de l’exercice.
Les restitutions, dégrèvements et remboursements fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales, ont pour leur part progressé de 3,1 milliards de dirhams pour atteindre 24,8 milliards. Cette évolution reflète l’effort engagé par l’État pour résorber les crédits de taxe sur la valeur ajoutée et améliorer la liquidité des entreprises.
La fiscalité sur les sociétés s’est distinguée par une performance particulièrement marquée. Les recettes de l’impôt sur les sociétés affichent un taux de réalisation de 103,5 % et une augmentation de 16,9 milliards de dirhams, soit près de 29 % en glissement annuel. Cette progression s’explique principalement par la forte hausse du complément de régularisation, en augmentation de plus de 53 %, pour atteindre un niveau record de 20 milliards de dirhams, ainsi que par l’amélioration des trois premiers acomptes provisionnels.
L’impôt sur le revenu a également connu une évolution favorable, avec une hausse de 14,6 % et un taux de réalisation proche de 99,3 %. Cette dynamique est liée notamment à la régularisation fiscale volontaire opérée en janvier 2025, qui a généré des recettes de 3,8 milliards de dirhams, ainsi qu’à l’augmentation des retenues à la source et des recettes issues de la cession de valeurs mobilières.
La taxe sur la valeur ajoutée a progressé de 7,8 milliards de dirhams, portée à la fois par la TVA à l’importation et par la TVA intérieure. Les remboursements de TVA, hors part des collectivités territoriales, se sont établis à 13,7 milliards de dirhams, en hausse par rapport à l’année précédente.
Les taxes intérieures de consommation ont enregistré une augmentation de 4,2 milliards de dirhams, principalement grâce à la hausse des recettes issues des produits énergétiques et du tabac. Cette évolution s’explique en partie par la suppression de certaines exonérations fiscales prévues par la loi de finances 2025 et par la révision des taux applicables à plusieurs produits énergétiques.
À l’inverse, les recettes douanières ont reculé de 910 millions de dirhams, en raison notamment de la suppression des droits d’importation sur les bovins et les ovins au cours de l’année. Les droits d’enregistrement et de timbre ont en revanche progressé de 2 milliards de dirhams, soutenus par la bonne tenue des transactions soumises à ces prélèvements.
La situation des charges et ressources du Trésor, élaborée par le ministère de l’Économie et des Finances, offre une lecture comptable de l’exécution budgétaire, tout en intégrant, conformément aux normes internationales de finances publiques, une analyse des flux économiques liés aux recettes, aux dépenses ordinaires, à l’investissement, au déficit budgétaire et aux besoins de financement de l’État.