La rencontre à Rabat entre Nasser Bourita et le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, El Malick Ndiaye, confirme la consolidation d’un partenariat politique et géostratégique tourné vers l’Atlantique africain, la coopération Sud–Sud et la stabilité régionale. Au-delà du protocole diplomatique, l’échange illustre une convergence croissante entre Rabat et Dakar sur les grands équilibres du continent.
Reçu vendredi à Rabat par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, a réaffirmé l’engagement ferme de son pays en faveur de l’Initiative Royale pour l’Afrique Atlantique. Ce projet vise à structurer un espace de sécurité, de connectivité et de prospérité partagée le long de la façade atlantique africaine, dans une logique de long terme.
À l’issue des entretiens, le responsable sénégalais a annoncé la préparation d’une deuxième session parlementaire à Dakar, prévue entre avril et mai, destinée à lancer concrètement l’opérationnalisation du processus. L’objectif consiste à fédérer vingt-huit pays riverains ou connectés à l’Atlantique autour d’une dynamique d’intégration logistique, économique et institutionnelle. Cette séquence marque une étape de passage entre vision stratégique et mise en œuvre opérationnelle.
L’initiative accorde une attention particulière aux pays africains enclavés, confrontés à des contraintes structurelles d’accès aux infrastructures portuaires et aéroportuaires. En favorisant la connectivité régionale, elle ambitionne de réduire les asymétries de développement et de renforcer l’autonomie économique du continent. Pour Dakar, ce projet incarne une Afrique capable de prendre en charge son propre destin, sur la base de la solidarité et du partage des opportunités.
Sur le plan politique, El Malick Ndiaye a renouvelé la position constante du Sénégal en faveur de l’intégrité territoriale du Maroc et de l’initiative marocaine d’autonomie. Il a salué l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2797 relative au Sahara marocain, y voyant un signal de clarification au niveau multilatéral. Cette convergence diplomatique conforte une relation bilatérale historiquement stable, fondée sur une lecture commune des équilibres régionaux.
Les échanges ont également porté sur le renforcement de la coopération sectorielle entre les deux pays, notamment dans les domaines économique, social, religieux et culturel. La densité de ces partenariats traduit une volonté d’inscrire la relation maroco-sénégalaise dans une logique de complémentarité durable, au-delà des cycles politiques conjoncturels.
La dimension institutionnelle de cette relation a été soulignée par l’annonce de la prochaine visite au Maroc du Premier ministre sénégalais, dans le cadre de la quinzième Grande Commission Mixte. Le relèvement du niveau de représentation au rang des chefs de gouvernement illustre une volonté d’accélérer la coordination stratégique et de donner une impulsion politique forte à la coopération Sud–Sud.
Au-delà des enjeux diplomatiques et économiques, El Malick Ndiaye a également salué l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc-2025, qualifiée d’édition appelée à marquer durablement l’histoire du football continental. Cette reconnaissance participe de la projection d’une image de capacité organisationnelle et de stabilité, éléments devenus centraux dans l’attractivité régionale.
Alors que le continent africain cherche des repères dans un paysage sécuritaire et économique en mutation, l’axe Rabat–Dakar illustre une diplomatie de construction patiente, fondée sur des intérêts partagés et des projets tangibles. L’Initiative Atlantique s’affirme comme un outil de consolidation stratégique, destiné à renforcer l’autonomie collective et la capacité d’anticipation face aux déséquilibres globaux.