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Pékin bloque le rachat de Manus par Meta et stoppe une opération de 2 milliards de dollars

27 avril 2026 - 11:13

La Chine a officiellement interdit le rachat de la plateforme d’intelligence artificielle Manus par le groupe américain Meta Platforms. Cette opération de 2 milliards de dollars devient un nouvel épisode de la confrontation technologique entre Pékin et Washington.

Les autorités chinoises ont décidé de bloquer l’acquisition de Manus, l’une des plateformes d’intelligence artificielle les plus prometteuses du pays, par Meta, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp.

Annoncée à la fin de l’année 2025, cette transaction représentait l’un des rares cas récents où une grande entreprise technologique américaine parvenait à racheter une société chinoise, malgré la guerre commerciale et stratégique qui oppose les deux puissances depuis plusieurs années.

La Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR), principal organe de planification économique de la Chine, a indiqué dans un bref communiqué avoir « interdit l’investissement étranger » dans Manus et demandé l’annulation immédiate de l’opération.

La décision a été prise par le département chargé de la sécurité des investissements étrangers, qui s’est contenté d’évoquer une mesure conforme aux lois et règlements chinois, sans fournir davantage de précisions.

Dès janvier, Pékin avait annoncé qu’il examinerait attentivement ce dossier, notamment en raison du transfert préalable du siège de Manus vers Singapour avant sa vente à Meta. Ce déplacement avait attiré l’attention des régulateurs chinois, soucieux d’éviter que certaines entreprises stratégiques ne quittent leur champ de contrôle.

Le ministère chinois du Commerce avait rappelé que toute entreprise impliquée dans l’exportation de technologies, le transfert de données ou les fusions transfrontalières devait respecter strictement les procédures nationales.

Cette affaire rappelle le précédent de TikTok lors du premier mandat de Donald Trump, lorsque la Chine avait utilisé des mécanismes similaires pour empêcher une vente forcée de la plateforme aux États-Unis.

Selon plusieurs analystes, Manus aurait choisi Singapour pour tenter de réduire les risques géopolitiques liés à la double pression des régulateurs américains et chinois, une stratégie déjà adoptée par d’autres groupes comme SHEIN.

Après l’essor de DeepSeek, Manus s’était imposée comme l’une des plateformes chinoises les plus observées dans le domaine de l’IA, grâce au lancement d’un assistant présenté comme un agent conversationnel capable d’exécuter des tâches complexes avec moins d’instructions que les chatbots classiques.

La décision de Pékin confirme une chose : dans la nouvelle géopolitique de l’intelligence artificielle, le contrôle stratégique vaut souvent plus que les milliards.

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