Jibril Rajoub, président de la Fédération palestinienne de football, a affirmé vendredi ne pas avoir obtenu de visa d’entrée ni pour les États-Unis ni pour le Canada afin de participer aux événements liés à la Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les deux pays avec le Mexique.
Le dirigeant palestinien a toutefois pu assister jeudi à la cérémonie d’ouverture organisée à Mexico, avant le match inaugural du tournoi entre le Mexique et l’Afrique du Sud.
« Les autorités américaines ont refusé de m’accorder un visa après ma demande déposée à Amman. Leur attitude est ridicule », a déclaré Rajoub lors d’un entretien téléphonique accordé à l’AFP.
Actuellement au Mexique, il prévoit d’assister à la rencontre entre la Tunisie et la Suède, prévue le 14 juin à Monterrey, avant de regagner les territoires palestiniens.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la Fédération palestinienne et les instances du football israélien. En avril dernier, lors du congrès de la FIFA à Vancouver, Rajoub avait refusé de participer à une photo de groupe aux côtés d’un responsable de la Fédération israélienne, malgré l’invitation du président de la FIFA, Gianni Infantino.
La Fédération palestinienne a par ailleurs saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) après la décision de la FIFA de ne pas sanctionner Israël concernant la participation de clubs implantés dans les colonies de Cisjordanie à des compétitions relevant de la Fédération israélienne.
Depuis plusieurs années, les responsables palestiniens dénoncent cette situation, estimant que ces clubs ne devraient pas être autorisés à participer à des compétitions officielles. Les colonies israéliennes en Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967, sont considérées comme illégales au regard du droit international.
En 2024, des experts des Nations unies avaient identifié au moins huit clubs évoluant dans des colonies israéliennes et appelé la FIFA à assumer pleinement ses responsabilités en matière de respect des droits humains.
Une question qui dépasse le cas palestinien
Jibril Rajoub affirme également s’être vu refuser un visa canadien. Selon lui, certaines parties chercheraient à empêcher toute critique d’Israël sur la scène internationale, bien qu’il n’ait présenté aucun élément de preuve à l’appui de cette accusation.
Le responsable palestinien indique avoir informé la FIFA de sa situation.
Cette controverse s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions migratoires affectant plusieurs acteurs du Mondial 2026. La politique de visas des États-Unis a déjà suscité plusieurs incidents, notamment le refus d’entrée de l’arbitre somalien Omar Artan malgré la détention d’un visa valide.
Interrogé à ce sujet avant le début du tournoi, Gianni Infantino avait qualifié cette situation de « regrettable », tout en rappelant que la FIFA ne dispose d’aucune compétence en matière de délivrance de visas.
Selon plusieurs médias, des membres de l’encadrement de la sélection iranienne ainsi que des supporters sénégalais et ivoiriens se sont également vu refuser l’accès au territoire américain.
De son côté, le Canada a refusé l’entrée au milieu de terrain ghanéen Thomas Partey, qui doit comparaître l’an prochain devant la justice britannique dans une affaire d’accusations de viol et d’agression sexuelle.