La Banque mondiale a approuvé deux nouveaux programmes de financement en faveur du Maroc pour un montant total de 650 millions de dollars. L’objectif est double : accélérer la transformation numérique du Royaume à l’horizon 2030 et renforcer sa capacité à faire face aux risques climatiques, aux catastrophes naturelles et aux menaces cybernétiques, dans un contexte mondial marqué par une incertitude croissante.
Le premier programme, doté de 250 millions de dollars, vise à soutenir la stratégie « Maroc Digital 2030 ». Il doit permettre d’accélérer la généralisation des services publics numériques, de moderniser l’administration grâce au cloud computing et de renforcer l’écosystème des start-up innovantes.
Selon la Banque mondiale, ce projet accordera une attention particulière à l’intégration des jeunes et des femmes dans l’économie numérique. Il prévoit également de soutenir les très petites, petites et moyennes entreprises dans leur transition digitale, tout en stimulant la création d’emplois dans les métiers de l’externalisation des services et des technologies de l’information.
Parmi les mesures phares figure la création d’un portefeuille numérique souverain, adossé à la carte nationale d’identité électronique, permettant aux citoyens de stocker et d’échanger leurs documents officiels de manière sécurisée. Le programme prévoit également le développement de centres d’excellence dédiés à l’intelligence artificielle et à l’innovation numérique.
La Banque mondiale estime que les mécanismes de partage des risques mis en place avec l’appui de l’État pourraient mobiliser près de 200 millions de dollars de capitaux privés pour financer les start-up et accélérer la digitalisation du tissu économique.
Le second programme, d’un montant de 400 millions de dollars, est consacré au financement climatique et à la gestion des risques. Il vise à renforcer la résilience financière du Royaume face aux aléas climatiques, aux catastrophes naturelles et aux cyberattaques, tout en encourageant l’investissement privé dans les infrastructures durables.
Le dispositif prévoit notamment le développement de nouveaux outils d’assurance contre les risques climatiques et cybernétiques, le renforcement de la supervision financière ainsi que l’amélioration des infrastructures de paiement numérique afin de faciliter les interventions financières en période de crise.
La Banque mondiale annonce également la création d’un mécanisme de préparation de projets destiné à développer un portefeuille d’investissements bancables dans les secteurs des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique, du transport durable et des infrastructures hydrauliques.
Au cours des cinq prochaines années, ce programme ambitionne de mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars de financements privés supplémentaires, de mettre en place des mécanismes de financement anticipé des catastrophes pouvant atteindre un milliard de dollars, et d’étendre la couverture des risques cybernétiques à au moins vingt institutions financières.
Cité dans le communiqué, Ahmadou Moustapha Ndiaye a souligné que ces deux programmes répondent à des priorités stratégiques du Maroc : le développement d’une économie numérique performante, le renforcement de l’innovation et l’amélioration de la résilience du pays face aux chocs économiques, climatiques et technologiques.